Il ne lui manque que quelques adresses. Le ministère de la Santé va rappeler, dans les prochains jours, près de 7 000 patients qui sont passés dans les cinq cabinets du Dr Farid Alsaïd entre 2006 et 2007. Suspendu en décembre dernier par le conseil de l'ordre des médecins, ce radiologue belge gérait quatre cabinets du Nord (Wattignies, Hautmont, Anzin et Fourmies) et un dans l'Aisne (Hirson), où ont été découvertes de graves anomalies.
Appareils non déclarés, locaux non conformes, escroqueries à la Sécu... mais c'est surtout la réalisation de clichés par du personnel non qualifié qui inquiète aujourd'hui les autorités. Si le risque lié aux radiations est minime, il existe ce que les experts appellent « une perte de chance » de détecter les tumeurs. A elle seule, cette « perte de chance » concerne déjà 6 791 patients. Et la liste pourrait s'allonger. Ainsi, l'institut de veille sanitaire rendra lundi les résultats d'une expertise portant sur le risque infectieux lié aux pratiques sanitaires (sondes mal désinfectées notamment). « Il y a eu 1 400 écho-endoscopies vaginales », explique Didier Houssin, directeur général de la santé. Soi autant de personnes qui ont pu être infectées par des virus (VIH, hépatite C, herpès...). Dernier problème, le listing de la caisse d'assurance-maladie ne remonte que jusqu'en 2006. Or, les activités du Dr Alsaïd ont débuté en 2005. C'est donc aussi pour renseigner ces patients que le ministère ouvrira dès ce matin un numéro vert*.