EXPEDITION – Le voilier polaire s’apprête à rejoindre la terre ferme après 16 mois passés à dériver sur la banquise…
L’aventure du voilier polaire «Tara» touche à sa fin. Le bateau — dont la mission scientifique consistait à étudier
les effets du réchauffement climatique sur l’environnement arctique — devrait rejoindre la terre ferme avant la fin de la semaine. Peut-être jeudi soir, si tout se déroule comme prévu.
Le bateau, encastré dans la glace de l’Arctique depuis le 4 septembre 2006, a dérivé sur 2.600 km, en se laissant porter par la banquise. Lundi, alors qu’elle se trouvait entre
Groenland et Spitzberg, l’embarcation a pu se dégager des glaces.
Romain Troublé, le directeur logistique de l’opération a raconté à l’AFP que dans la journée de dimanche «l’équipe a trouvé une large étendue d'eau libre entre les blocs de glace» ce qui leur a permis de «démarrer l'un des deux moteurs».
Tara vogue désormais en direction de
Longyearbyen, la capitale du Spitzberg norvégien. A l’origine, il était prévu qu’elle rejoigne le port de Lorient dans un mois mais les conditions de navigation ont conduit les 10 membres d’équipage à changer leurs plans.
«En cette saison, de violentes dépressions avec une forte houle s'enchaînent aux confins de l'Atlantique Nord, explique Romain Troublé. Tara, chargée de 60 tonnes de matériel scientifique est difficilement manoeuvrable. Le principe de prudence l'a emporté».
Fin de la banquise en 2015
Le périple de Tara avait pour objectif d’améliorer les connaissances concernant l’impact du réchauffement climatique sur la fonte des glaces.
Ce projet a été élaboré en partenariat avec le programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et dans le cadre de
l'Année polaire internationale (API).
«Vaisseau spatial» du
programme scientifique européen Damoclès qui étudie les changements climatiques, Tara a sondé les profondeurs de l'océan Arctique, la banquise mais aussi l'atmosphère polaire.
Des mesures qui lui ont permis d’avancer un certain nombre d’hypothèses comme la probabilité d'une fonte totale de la banquise aux alentours de 2015. Les précédents modèles situaient quant à eux la fonte de la banquise à l’horizon 2050.