Le Roi et le Clown est un film à la fois amusant, impertinent et spectaculaire. Et cela en dépit d'un tout petit budget (l'équivalent de 2,8 millions d'euros) et d'un parti pris de reconstitution historique délibérément théâtrale.
D'ailleurs, le Coréen Lee Jun-ik s'est inspiré d'une pièce de théâtre, mais aussi de la vraie vie d'un roi despotique du XVIe siècle, pour faire mourir de rire douze millions de ses compatriotes et récolter moult récompenses, dont un prix du jury au festival Deauville-Asie l'an dernier. On y découvre une troupe de comédiens - les clowns du titre - dont le spectacle satirique fait fureur dans la rue avant de se retrouver devant la cour du roi, un tyran au comportement imprévisible.
Par son irrévérence, la comédie devrait finir dans un bain de sang. Mais voilà, l'un des comédiens au physique androgyne distille un charme troublant... L'ambiguïté sexuelle, habilement suggérée, suscite un certain suspense. Et si l'on tremble devant les accès de colère incontrôlés du tyran, on rit aussi de ses caprices d'enfant gâté.
Shakespeare et son Richard III ne sont pas loin. Molière non plus, une touche d'exotisme et un soupçon de cruauté en plus. Et, pour la valeur ajoutée, des acteurs qui, depuis, sont devenus des stars en Extrême-Orient, et dont la performance est au diapason d'une réalisation sans temps mort. Le Roi et le Clown est sensuel et jubilatoire.