CULTURE – Un discours lors de ses voeux à la presse un peu flou...
«Nous sommes en plein changement d’époque, de style et de tempo». C'est ainsi que Christine Albanel, ministre de la Culture, a inauguré son discours de vœux à la presse, ce lundi matin, dans les salons de son ministère, rue de Valois, près du Louvre à Paris.
Devant un parterre d’environ 200 journalistes et patrons de médias — dont Patrick De Carolis, de France Télévisions, et Jérôme Clément, d’Arte, la ministre a plaidé pour «ne plus regarder dans le rétroviseur» et pour les «nécessaires réformes» d’un ministère «certes jeune, comparé à celui des finances, mais qui fête son cinquantenaire».
Attendue sur les questions de
taxe sur Internet, de
financement de la pub dans l’audiovisuel public et de rénovation des œuvres d’art (les
colonnes de Daniel Buren notamment), Christine Albanel ne s’est pas prêtée au jeu du questions-réponses habituellement de mise face à un auditoire de journalistes et est descendue de l’estrade après avoir fini sa présentation.
La mission: montrer que la culture française est dynamique
Objectif cette année: répondre à l’enquête intitulée «La mort de la culture française» parue dans le magazine «Time» et dire que oui, la culture française rayonne. Et la ministre d’invoquer la «feuille de route d’André Malraux» — édictée dès 1959 (où l’Etat devait initier des projets culturels, aider à la démocratisation de la culture et aider à son financement) — mais «une feuille de route renouvelée», a-t-elle précisé.
Pour sauvegarder le patrimoine et les monuments historiques, Christine Albanel a confié que le seul budget de l’Etat (300 millions d’euros y sont dédiés) ne suffisait pas. «Il faut trouver des ressources pérennes supplémentaires», a argué la ministre. Parmi les pistes envisagées: la création d’un fonds, la mise en place d’un jeu de la Française des jeux et/ou un
prélèvement de deux euros par nuit passée dans un hôtel quatre étoiles ou plus.
«Donner des clés de compréhension de la culture»
Selon Christine Albanel, l’«éducation et la transmission» sont fondamentales. A ce titre, «certaines librairies, dont on connaît le rôle prescripteur, vont être labellisées comme telles et bénéficier ainsi d’avantages fiscaux». Le projet de bibliothèque numérique européenne est toujours d’actualité, mais aucune précision n’a été donnée. Autre chantier de réflexion: comment éduquer les jeunes à l’image et à ce qu’ils entendent? C’est en cours également, dit la ministre.
Lorsqu’elle revient sur l’idée de supprimer la pub de France Télévisions et Radiofrance, elle insiste: «c’est une décision politique très forte qui provoque un Big Bang». Le service public assure la transmission de la culture, selon Christine Albanel. Mais «culture» au sens large, avec du sport et du divertissement. «Nous ne voulons pas faire des chaînes publiques des clones d’Arte», ose-t-elle, en cherchant du regard les représentants de la chaîne franco-allemande.
Autre priorité: «créer des conditions de développement et de rayonnement de notre culture». Ces conditions feraient l’objet d’une réglementation accrue. «L’industrie musicale va profiter des accords contre le piratage (
énoncés par le rapport Olivennes, ndlr)», rappelle Christine Albanel, avant de revenir sur un vieux serpent de mer: l’allongement du nombre d’années avant que les oeuvres musicales tombent dans le domaine public (et ne sont alors plus protégées par des droits reversés aux ayants droits). «C’est logique que cette durée soit allongée, vu que l’espérance de vie augmente», justifie la ministre. Jusqu’à présent, les artistes, musiciens et producteurs bénéficient d’un copyright pendant 50 ans. Les auteurs (paroliers, éditeurs et compositeurs), eux, pendant 70 ans.