INTERVIEW - Guy Barbier, secrétaire nationale du syndicat de l'enseignement UNSA dénonce la méthode du gouvernement qui agit selon lui «sans aucune concertation».
INTERVIEW - Guy Barbier, secrétaire nationale du syndicat de l’enseignement UNSA dénonce la méthode du gouvernement qui agit selon lui «sans aucune concertation».
Jeudi, c’est jour de grève dans la fonction publique. Et c’est aussi la première expérimentation du
service minimum d'accueil dans les écoles maternelles et élémentaires des communes qui se sont portées volontaires. «Plus de 370 villes ont déjà accepté» d'expérimenter ce service, a indiqué dimanche sur Canal+ le ministre de l’éducation Xavier Darcos. Mais les syndicats d’enseignants craignent une remise en cause de leur droit de grève. Guy Barbier, secrétaire nationale du syndicat de l’enseignement Unsa, donne ses arguments à 20 minutes.fr.
Vous dénoncez la mise en place du service minimum, pour quelles raisons?
Xavier Darcos avait annoncé des discussions sur le service minimum et une application pour la rentrée 2008. Et nous avons découvert qu’il rentrerait en application ce jeudi : ça a été fait sans aucune concertation. De plus, cette grève est annoncée depuis un mois, on voulait discuter de la fermeture de nombreux postes et de la revalorisation des salaires dans la fonction publique. Il n y a eu aucune discussion en amont de la grève.
Nous considérons que Xavier Darcos tient un double discours. D’un côté, il dit aux recteurs de ne pas préparer la rentrée 2008 avec les équipes municipales en place, qu’il faut attendre que les municipales soient passées et de l’autre il demande à certaines communes de s’engager sur le service minimum pour trois ans.
Au-delà de la méthode utilisée par le gouvernement, vous considérez que le droit de grève des fonctionnaires est remis en cause ?
Des fonctionnaires sont en grève et on va demander à d’autres - qui sont également appelés à faire grève - de les remplacer. Nous n’accepterons pas de remise en cause du droit de grève.
Imaginez que vous êtes dans une entreprise privée, que certains salariés décident de faire grève et que la direction fasse appel à du personnel extérieur pour les remplacer. Par ailleurs, dans cette affaire, on fait jouer aux maires un rôle qui n’est pas le leur et je comprends que certains maires de grandes villes refusent cette situation.
Comment peut-on selon vous concilier le droit de grève avec la continuité du service public?
Nous ne souhaitons pas embêter les parents d’élèves. Nous voulons simplement qu’une période de réflexion soit mise à profit pour discuter avant la grève. Il faut négocier en amont pour peut-être réussir à éviter la grève. C’est ce qui se passe dans les transports, c‚est l‚idée du dispositif d‚alerte qui a été mis en place.
Propos recueillis par Anne-Louise Sautreuil