La victoire de Bordeaux au Mans (1-2), samedi, est une double première. D'abord, les Marine et Blanc ont profité de cette 21e journée pour enregistrer au stade Léon-Bollée un succès qui leur avait toujours échappé. Ensuite, ils ont montré en deuxième période, alors qu'ils menaient déjà 1-2 et que leur latéral Franck Jurietti avait été expulsé juste avant la pause pour une gifle, le visage inédit d'une équipe extraordinairement combative. « Nous avons su faire preuve d'abnégation et de solidarité, des qualités que l'on ne prédestinait pas à ce Bordeaux-là », reconnaît Laurent Blanc.
Mais le plus rassurant pour les coéquipiers du milieu défensif brésilien Fernando est d'observer que cette nouvelle facette n'est pas née aux dépens de leurs qualités originelles. Car avant de se muer en guerriers, les Girondins avaient encore assuré dans la Sarthe un spectacle de grande qualité. « Nous avons réussi trente premières minutes idéales », ose même leur gardien Ulrich Ramé. Et si une saute de concentration coutumière a permis à leurs adversaires manceaux de réduire la marque à la 36e minute, la suite de la rencontre a prouvé qu'il en fallait plus, désormais, pour faire douter la formation bordelaise. De même qu'il lui faut plus qu'une 2e place pour avouer son ambition. « On ne va pas s'enflammer, il reste encore 17 journées », glisse le capitaine. Ce discours prudent, lui, n'est pas une première.