Louis de Cazenave, l'un des deux derniers poilus de la Première Guerre mondiale, est décédé dimanche à l'âge de 110 ans, a-t-on appris auprès du ministère des anciens combattants.
«A quoi ça sert de massacrer des gens?»
Né en 1897 et devenu cheminot à la fin de la guerre, Louis de Cazenave disait, il y a trois ans dans Le Monde, «penser toujours» à la ligne des Vosges mais n'en «parler jamais.» Car pour celui qui avait combattu avec les tireurs sénégalais (dans le 5e bataillon de décembre 1916 à septembre 1917) avant d'être muté à l'artillerie, la guerre était «un truc absurde, inutile! A quoi ça sert de massacrer des gens? Rien ne peut le justifier, rien!»
Lorsque le Haut Conseil de la mémoire combattante avait envisagé en 2005 des obsèques nationales pour les derniers poilus, Louis de Cazenave s'était exclamé qu'il n'en était pas question: «Non je veux aller avec les miens, avec ma famille au cimetière de Saint-Georges-d'Aurac. Je veux la simplicité», avait-il déclaré au journal La Montagne.
Dans un communiqué, Nicolas Sarkozy a dit que «sa disparition est l'occasion pour chacun d'entre nous d'avoir une pensée particulière pour les 1,4 million de combattants français qui ont fait le sacrifice de leur vie durant ce conflit, pour les 4,5 millions de blessés, pour les 8,5 millions de mobilisés.» Le der des ders
Désormais, il ne reste plus qu'un poilu: Lazare Ponticelli, né le 7 décembre 1897.
Comme Louis de Cazenave, Lazare Ponticelli avait refusé l'idée d'avoir des funérailles nationales ou même le Panthéon, promis au dernier disparu de cette grande guerre. «Si c'est moi le dernier, je dis non, avait-il affirmé. Ce serait un affront pour les gens qui sont morts sans considération.» Et parfois même sans une croix de bois, ne manquait pas de rappeler Louis de Cazenave.