PECHE - Le chef de l'Etat s'en est pris aux quotas de pêche fixé par l'UE pour sauver les ressources...
Le 19 décembre, les 27 ministres de la Pêche de l'Union européenne,
avaient fixé les totaux admissibles de captures
(TAC) et leur répartition en quotas par Etat membre pour 2008. Cet accord édulcorait les propositions présentées par la Commission européenne et encore davantage les demandes des scientifiques qui jugent des mesures radicales nécessaires si on veut préserver les espèces.
Le cabillaud voyait ainsi son quota de pêche baisser de 9 à 18% par rapport à 2007 dans la majeure partie des zones, à l'exception de la mer du Nord, où le quota avait été relevé de 11%.
Les scientifiques estiment depuis des années que la surpêche au cabillaud est telle qu'il est menacé d'extinction.
Michel Barnier s'était alors montré particulièrement ferme. «Je serai totalement intransigeant, la justice le sera plus que moi encore, sur ceux qui ne respectent pas la règle».
Samedi, soit un mois jour pour jour après l’intransigeance française, le chef de l’Etat a remis en cause ces quotas: lors d'une rencontre avec des marins-pêcheurs à Boulogne-sur-Mer, Nicolas Sarkozy a estimé que «la première chose (pour aider la pêche), c'est l'affaire des quotas: il faut qu'on en sorte, et on a une opportunité pour en sortir, c'est que la France va présider l'Union européenne du 1er juillet au 31 décembre».
«C'est une opportunité pour engager un dialogue très approfondi, très fort, avec la Commission européenne», a-t-il ajouté.
«Il faut arrêter d'avoir d'un côté les scientifiques, et les pêcheurs de l'autre, parce que les premiers qui ont intérêt à sauver la ressource, ce sont les pêcheurs», a-t-il poursuivi, reprenant les déclarations que
Barnier avait tenu le 19 janvier. «A partir du moment où tout le monde dit que la ressource est revenue, il faut qu'on ait une réponse beaucoup plus souple sur les quotas», a déclaré le chef de l’Etat. Reste à savoir si la ressource est revenue. Ou si elle reviendra...
JH, avec agences