A Paris, droite et gauche s'écharpent sur le logement de leurs élus

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Publié le 21 janvier 2008.

MUNICIPALES - Polémique et délations autour des logements sociaux attribués à des élus...

On savait que le logement serait au cœur de la bataille des municipales à Paris. Mais pas le logement des élus. C’est pourtant bien devenu le thème d’opposition principal entre droite et gauche dans la capitale. La polémique enfle chaque jour sur la présence d’élus dans le parc social de la Ville de Paris.

Répondant aux attaques de son adversaire Françoise de Panafieu, qui a affirmé ce jeudi que plusieurs élus socialistes, dont la tête de liste PS du 12e arrondissement Michèle Blumenthal, habitent dans le parc social de la Ville, Bertrand Delanoë a affirmé ce vendredi qu’il n’y avait «aucune situation irrégulière.» «Si des élus sont dans des logements sociaux, c’est parce que ça leur a été attribué avant moi. Depuis que je suis maire je n’ai attribué aucun logement à des élus». Il a ajouté lors de ses vœux à la presse à l’Hôtel de Ville que «lorsque des élus sont dans des logements sociaux à Paris, c’est qu’ils y sont dans des conditions transparentes».

Retour de flamme

C’est Françoise de Panafieu la première qui avait allumé la mèche. Le 7 janvier ses deux porte-parole Jean-François Lamour et Pierre-Yves Bournazel annonçaient que la candidate UMP demanderait, si elle devenait maire de Paris, à tous les élus du Conseil, de droite comme de gauche, de quitter leur appartement si c’est un logement social, arguant qu’un élu ne peut-être «rémunéré et logé par la Ville.» Quelques jours plus tard elle était obligée de reconnaître que sa directrice de campagne Brigitte Kuster, également élue dans le 17e, occupe elle-même un logement de la Ville.

Jeudi 17 janvier Françoise de Panafieu révélait alors que Michèle Blumenthal, mais aussi «la députée du 12e Sandrine Mazetier comme le premier adjoint du 12e» bénéficient eux aussi d’un logement social. «Aujourd’hui dans la population des choses qui étaient acceptées il y a dix ans ne le sont plus. Il faut savoir s’adapter » a poursuivi la candidate UMP, également députée maire du 17e. Bertrand Delanoë, lui, ne partage pas cette vision des choses, estimant qu’un élu n’a pas à quitter automatiquement son logement social.

«Pas si leur présence correspond à leur niveau de ressources. Il ne faut pas croire qu’un élu a toujours de grosses indemnités. Et puis, qu’est-ce que cela veut dire? Que quelqu’un qui habite un logement social ne pourrait plus se présenter à une élection? Il ne faut pas traiter cette question avec démagogie, mais de manière efficace. C’est ce que j’ai fait au cours de ma mandature.»

Derrière ces attaques, la stratégie de Françoise de Panafieu est de démontrer que le flou persiste dans l’attribution des logements sociaux à Paris, depuis que Bertrand Delanoë est maire. Le candidat socialiste interroge de son côté: «qui plus que moi a fait la transparence sur ce dossier à Paris?» mettant en avant les rapports commandés à l’Inspection générale des services, et publiés, ainsi que la commission d’attribution des logements qu’il a mise en place dans les arrondissements parisiens. « Sauf dans cinq qui n’en veulent pas. Cinq arrondissements d’opposition.»

Contacté par «20 Minutes», Pierre-Yves Bournazel, porte-parole de Françoise de Panafieu, demande que Bertrand Delanoë «fasse la transparence sur les 120.000 logements de l’Opac. Est-il normal qu’à la tête de cet Opac nous trouvions en plus de Jean-Yves Mano, élu socialiste, un homme issu de l’appareil socialiste, en la personne de Jean-François Gueulette? Le maire n’aurait-il pas pu nommer un haut fonctionnaire? Derrière cela on ne peut voir qu’une volonté de verrouillage.»
Mickaël Bosredon
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