Au centre Panthéon, à Paris (5e), se tenait hier la finale du concours de plaidoirie des étudiants de l'université de droit d'Assas. Les quatre finalistes devaient plaider devant un tribunal administratif, en présence d'un jury présidé par le président de la Cour de cassation, Vincent Lamanda, entouré de ses assesseurs Christian Charrière-Bournazel, bâtonnier de l'ordre des avocats, et Perrette Rey, présidente du tribunal de commerce de Paris.
Toges pour les quatre avocats, jury prestigieux en robe, Monsieur l'ambassadeur du Gabon en personne dans l'assistance, salle pleine, journalistes et photographes convoqués : le décorum était planté pour ce procès fictif. Les apprentis hommes de loi devaient s'affronter chacun leur tour, un coup dans le rôle du demandeur, un coup dans celui du défenseur, dans une affaire de dommages-intérêts pour une histoire d'enfant blessé pendant une colonie de vacances.
C'est Antoine Vey, à la gestuelle serrée et avec une maîtrise parfaite du jargon, qui a gagné le concours, comme demandeur. Et pourtant, comme le lui a rappelé Perrette Rey, le jeune homme avait oublié d'évaluer le montant du préjudice.
Samir Idir, avec sa gouaille à la Saïd Taghmaoui, a fini malheureux second du concours, peut-être à cause de sa réponse quand on lui a demandé de chiffrer le coût d'une prothèse et qu'il a répondu : « Une prothèse, ça coûte une fortune. »
De son côté, Vivien Makaga Pea, au ton déclamatoire et poulain de l'ambassadeur, a gagné comme défendeur. Sa manière de remettre en place le président du jury y a sûrement été pour quelque chose.