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Une réforme à mille lieues du « contrat unique » de Sarkozy

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La réforme du marché du travail n'a pas secoué le cocotier. Le chef de l'Etat avait beau se réjouir, hier, d'un accord « équilibré », la réforme est à mille lieues du fameux « contrat unique » qu'il envisageait à l'origine pour fusionner tous les contrats de travail et assouplir les règles du licenciement.

Au lieu d'unifier les contrats, la réforme en rajoute un. Il s'agit d'un contrat à durée déterminée (CDD)... à durée indéterminée ! Cette innovation incontestable, qui autorise le licenciement (contrairement au CDD) et fixe une durée variable (18 à 36 mois) en fonction d'une mission précise, ne touchera que peu de personnes. Elle concerne les cadres et ingénieurs et ne peut servir à « un accroissement temporaire d'activité ».

D'autre part, le CDI va s'étoffer, avec la « rupture conventionnelle ». Et seuls les faux licenciements, certes nombreux, devraient diminuer. Côté période d'essai, le patronat a renoncé à l'allonger et le CNE est enterré. Le texte affirme même que le CDI est « la forme normale et générale du contrat de travail » et qu'un licenciement ne saurait se passer d'une « cause réelle et sérieuse ». D'un autre côté, le transfert des droits accordé aux chômeurs, avec un DIF facultatif et trois mois de mutuelle, est un premier pas... bien modeste.

A. B. - ©2008 20 minutes
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