La réforme du marché du travail n'a pas secoué le cocotier. Le chef de l'Etat avait beau se réjouir, hier, d'un accord « équilibré », la réforme est à mille lieues du fameux « contrat unique » qu'il envisageait à l'origine pour fusionner tous les contrats de travail et assouplir les règles du licenciement.
Au lieu d'unifier les contrats, la réforme en rajoute un. Il s'agit d'un contrat à durée déterminée (CDD)... à durée indéterminée ! Cette innovation incontestable, qui autorise le licenciement (contrairement au CDD) et fixe une durée variable (18 à 36 mois) en fonction d'une mission précise, ne touchera que peu de personnes. Elle concerne les cadres et ingénieurs et ne peut servir à « un accroissement temporaire d'activité ».
D'autre part, le CDI va s'étoffer, avec la « rupture conventionnelle ». Et seuls les faux licenciements, certes nombreux, devraient diminuer. Côté période d'essai, le patronat a renoncé à l'allonger et le CNE est enterré. Le texte affirme même que le CDI est « la forme normale et générale du contrat de travail » et qu'un licenciement ne saurait se passer d'une « cause réelle et sérieuse ». D'un autre côté, le transfert des droits accordé aux chômeurs, avec un DIF facultatif et trois mois de mutuelle, est un premier pas... bien modeste.
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