Plus d'IVG, moins de tolérance

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Publié le 16 janvier 2008.

Trente-trois ans après la promulgation de la loi Veil, l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est toujours d'actualité. En Midi-Pyrénées, selon la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales, 8 862 IVG ont été pratiquées en 2006, contre 8 620 en 2004. Cette hausse correspondrait, selon le conseil général dont dépendent les centres spécialisés dits « de planification », à l'augmentation de la population. Si au niveau national, les associations parlent de grandes difficultés pour accéder à l'IVG, ce n'est pas le cas à Toulouse.

L'ouverture récente d'un centre spécialisé, le service orthogénie à l'hôpital Paule-de-Viguier, a augmenté le nombre de lits. Le problème réside surtout dans la baisse du nombre de médecins qui les pratiquent. La faute aussi « à la moindre revalorisation de l'acte dans le privé », selon Patrick Lanusse-Crousse, médecin à la clinique Sarrus-Teinturier. « Or, dans certaines villes de la région, l'argent alloué à la création de centres de planification n'a pas été utilisé dans cette optique. Les femmes viennent donc à Toulouse », poursuit le médecin.

« Certains praticiens refusent aussi pour des raisons éthiques », s'insurge Patricia Leroy-Cazaux du Mouvement français pour le planning familial (MFPF) qui a relancé ses permanences depuis six mois. Elle pointe aussi du doigt la culpabilisation. « Qui peut prendre une pilule durant trente ans sans oubli ? Une femme est venue, enceinte de 7 mois. Elle allait accoucher sous X car sa gynécologue l'avait traitée d'irresponsable, raconte cette militante. Tombée en dépression, elle n'était plus sortie pendant quatre mois, dépassant ainsi les délais ! Sans oublier les facteurs culturels qui stigmatisent aussi la sexualité. » A Bagatelle, certaines femmes ont peur d'être vues dans ces centres. En cas de dépassement du délai, il n'y a d'autres alternatives que l'IVG à l'étranger ou l'accouchement sous X. La solution pourrait résider dans l'IVG médicamenteuse, à domicile ou en hospitalisation. Mais le délai très court de sept semaines demande une grande réactivité.

Anne Chevassier - ©2008 20 minutes
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