Une pierre dans le jardin des prosélytes d'une ligue fermée. La Fifa, l'UEFA et «certains des plus grands clubs européens» ont fumé le calumet de la paix, sous forme d'une déclaration d'intention. Conséquence immédiate: le G-14 est dissous et les plaintes (celle-ci et celle-ci) qu'il a déposé devant les tribunaux contre les deux institutions ont été retirées. En échange, le lobby demeure, mais intégré dans les organes officiels.
Echange gagnant-gagnant
En échange, les deux instance s'engagent à «verser des contributions financières pour la participation des joueurs aux Championnats d’Europe et aux Coupes du Monde.»
Ce qui s'est joué dans cette réconciliation, c'est un échange «gagnant-gagnant», qui semble toutefois profité aux membres du feu-G-14. En échange d'une réintégration dans le giron et d'une extension de sa base, le «club des puissants» obtient des avancées significatives sur ses vieux combats.
«Une avancée logique»
Le président de la Fifa, Joseph Blatter a qualifié cet accord de «tournant décisif pour le football moderne. Les clubs vont enfin pouvoir s’insérer dans l’organisation pyramidale du football mondial.»
En revanche, Michel Platini (président de l'UEFA) a tenu à relativisier la portée historique de l'arrangement: «La déclaration d’intention n’est pas une avancée politique, c'est une avancée logique».
S'exprimant au nom des clubs, le président du FC Barcelone Joan Laporta s'est enfin félicité de cette «victoire pour tout un chacun».
De 18 à «une centaine»
Concrêtement, le Forum européen des clubs se réunira le 21 janvier et l'UEFA proposera aux clubs européens de créer une nouvelle structure, nommée «Association européenne des clubs». Celle-ci sera composée de «plus de cent clubs de toute l'Europe et chacune des 53 associations membres de l'UEFA y sera représentée».
Cette nouvelle formule démocratise davantage le concept de représentation des clubs, qui n'étaient avant que 18 (et non 14, on n'a jamais compris pourquoi...). Mais l'histoire ne dit pas pour l'instant quel sera le mode fonctionnement du nouvel organisme. Ni si Jean-Michel Aulas, élu président un peu par défaut d'un G-14 finissant, va conserver son poste. Ni enfin si sa tentative de reproduction du modèle en France (le «FAP») va connaître le même destin que son aîné européen.
Les signataires de l'accord
Réunis mardi à Zurich, au siège de la FIFA, les représentants des institutions du football et ceux des grands clubs (Real Madrid, FC Barcelone, AC Milan, Juventus, Lyon, Manchester United, Bayern Munich, etc) «se sont mis d’accord sur la volonté d’organiser leurs relations à venir».