La moitié des RTT accumulées à l'hôpital seront rachetées

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Publié le 16 janvier 2008.

SANTE - Un accord a été signé entre le ministère et trois intersyndicats...

Le gouvernement et trois intersyndicats de médecins hospitaliers sont parvenus à un accord, ce mardi, qui prévoit le rachat de la moitié des journées de RTT accumulées depuis 2002 par les praticiens, soit 800.000 journées à 300 euros.

La concertation, qui comporte une autre négociation, parallèle, du ministère de la Santé avec les représentants des personnels non médicaux (infirmières, aides-soignantes, etc.), portait sur un total de 4 millions de jours de congés accumulés dans des comptes épargne-temps (dont 1,6 millions pour les médecins) par l'ensemble des salariés de l'hôpital, soit environ 42 jours par médecin et 3,5 par agent hospitalier (infirmières, aides-soignantes, cadres, etc).

«On fait cadeau de 50% de nos RTT»


Trois des quatre intersyndicats de médecins - CMH, INPH et Snam-HP -, qui négociaient avec la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, depuis le début de matinée, ont annoncé en milieu d'après-midi à la presse qu'ils acceptaient de signer l'accord.

La Coordination des praticiens hospitaliers (CPH), qui dit représenter quelque 40% des praticiens, a pour sa part indiqué qu'elle refusait d'apposer sa signature au texte. Pierre Faraggi, son président, a jugé que la somme de 300 euros par journée stockée accordée par la ministre était «loin de la valeur actuelle de la journée d'un praticien, plus proche de 420 euros». «Nous devons donc travailler plus pour gagner moins», a-t-il ironisé, déplorant au passage «la médiatisation de la question des RTT qui passe sous silence d'autres problèmes plus consistants comme la permanence des soins» (gardes, etc.).

Contacté par 20minutes.fr, Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf), membre de la CPH, a également déploré un accord «complètement ridicule». «Cela signifie qu'on fait cadeau de 50% de nos RTT. Dans ces conditions, il n'y a aucune raison que nous arrêtions le mouvement.» Le gouvernement souhaitait éviter la grève des soins non urgents qu'urgentistes et anesthésistes, déjà en grève symbolique depuis Noël, doivent lancer à partir de jeudi. C'est raté.

Entre 250 et 350 millions d'euros

François Aubart, président du CMH, signataire de l'accord, rétorque qu'«un accord, c'est toujours un compromis. Il ne faut pas oublier qu'il reste quelque 23 millions d'heures supplémentaires à financer pour les agents hospitaliers». Une séance de négociation est prévue à ce sujet le 22 janvier. Or, sur les 700 millions d'euros mis sur la table par Roselyne Bachelot, le ministère a déjà chiffré à entre 250 et 350 millions d'euros le coût du rachat de la moitié des RTT.

François Aubart rappelle par ailleurs que la CMH a signé l'accord car un deuxième round de négociations est prévu «au deuxième trimestre» sur «la gestion des CET , la crise démographique à l'hôpital et la revalorisation du statut de médecin dans le public. Et ce afin qu'on ne soit pas obligé de renégocier tous les trois-quatre ans sur les RTT et les heures supplémentaires.» Cette concertation coïncidera avec la présentation en avril par l'ancien ministre Gérard Larcher de son plan sur «les missions de l'hôpital».




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