Midi et demi hier, dans le couloir du stade Ernest-Wallon. Après une heure de séance vidéo « musclée » consacrée à la défaite à Dublin contre le Leinster (20-13) deux jours plus tôt, les joueurs toulousains - l'ailier ou arrière international Cédric Heymans en tête - sortent un à un des vestiaires. Le visage fermé, le pas pressé, la plupart repoussent plus ou moins poliment les rares sollicitations médiatiques.
Avant la dernière journée de poule le week-end prochain, le Stade Toulousain est pourtant quasiment qualifié pour un quart de finale de Coupe d'Europe (lire ci-dessous), mais l'ambiance ressemble à celle d'un lendemain d'élimination... L'entraîneur des lignes arrière, Philippe Rougé-Thomas, sort à son tour. Il accepte de s'exprimer. Sans langue de bois. A-t-il trouvé des motifs de satisfaction à extraire de la défaite, hormis l'obtention du point de bonus défensif ? « A part peut-être les vingt premières minutes de la deuxième mi-temps, je ne vois pas, coupe-t-il. Il y a un manque d'investissement flagrant depuis le match contre Castres [victoire 44-23 le 6 janvier, après une première période ratée]. On s'endort sur nos lauriers. On n'est qu'en début de saison, et on se voit déjà en demi-finales du Top 14 et en phase finale de la Coupe d'Europe ! » Selon le coentraîneur stadiste, les louanges versées par l'ensemble des observateurs sur l'équipe après une entame parfaite - six victoires en six matchs - ont été excessives et prématurées. « On conserve notre destin en main, mais il va falloir "s'envoyer" pour battre Edimbourg [samedi]. » La semaine promet d'être studieuse...