Une grève de la faim contre la loi antitabac

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Publié le 15 janvier 2008.

Il fait à la fois bar-tabac, marchand de journaux et relais bancaire. On peut aussi y effectuer des photocopies ou acheter des jeux de grattage. Depuis hier, l'Escale de la Fontaine a baissé le rideau au Dresny, un hameau à 60 km au nord de Nantes. « Votre buraliste est en grève de la faim... ou de la fin », est-il inscrit sur une feuille de papier.

Joël Lailler, 50 ans, entend protester contre la loi interdisant de fumer dans les lieux publics. Samedi, il a reçu la visite des gendarmes, qui lui ont adressé une amende de 135 euros, après qu'il eut déclaré le jour même, dans Ouest-France, qu'il n'appliquerait pas la réglementation au nom de « la défense des commerces de proximité ». Un de ses clients, qui fumait à l'intérieur du bar, a eu droit à une amende de 68 euros. Hier, de colère, Joël Lailler n'a bu donc « que de l'eau et du café ». Et la nuit dernière, il a dormi dans sa 2 CV.

« Avec cette loi, je vais perdre 30 à 40 % de mon chiffre d'affaires, soutient Joël Lailler. Mes voisins de la boulangerie et de la supérette vont mourir immédiatement. Je ne veux pas voir mourir le pays dans lequel je suis né. J'y suis attaché. » L'homme, qui dit remplir « une mission de service public », espère « obtenir une dérogation de la part de Nicolas Sarkozy pour les bars ruraux ».

A Nantes, G. Frouin - ©2008 20 minutes
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