Elle a beau s'en défendre, Michèle Alliot-Marie a fait un pas hier vers le retour d'une police de proximité, plus présente sur le terrain et surtout mieux perçue. L'expérimentation commencera par trois zones sensibles de Seine-Saint-Denis (Clichy-Montfermeil, La Courneuve et Saint-Denis).
D'ici à mai, trente policiers, jusqu'ici affectés à des tâches administratives, seront redéployés sur le terrain. Ils devront être cent sur le département dans deux ans. De plus, une « compagnie de sécurisation » d'une centaine de policiers sélectionnés et formés aux violences urbaines sera créée d'ici le mois de juin. Une manière de prévenir de nouvelles émeutes, et d'être prêt à réagir en cas de retour des tensions.
Il s'agit d'assurer « une présence visible et dissuasive sur des points fixes », mais « sans implantation immobilière nouvelle », a souligné la ministre. Un manque de moyens nouveaux évident, qu'elle a reconnu, tout en renvoyant sur le « plan banlieue » de Fadela Amara. « La population est en demande de police, elle ne pourra qu'être satisfaite », a reconnu le maire (PCF) de La Courneuve, Gilles Poux. Une satisfaction générale des élus, relativisée par le maire (PS) de Clichy-sous-Bois, Claude Dillain : « Derrière la méfiance vis-à-vis de la police il y a une méfiance vis-à-vis des institutions. » « Dix policiers en plus, c'est le minimum », a relevé le maire de la ville d'où étaient parties les émeutes de 2005 et qui attend toujours son commissariat.