INTERVIEW – Jean-Claude Guillon, directeur des affaires institutionnelles et de la communication de Limagrain, semencier français, réfute les conclusions de la Haute autorité provisoire sur les OGM…
Jean-Claude Guillon, directeur des affaires institutionnelles et de la communication de
Limagrain, semencier français, réfute
les conclusions de la Haute autorité provisoire sur les OGM…
Le président de la Haute autorité provisoire sur les OGM, Jean-François Legrand, a émis mercredi soir des «doutes sérieux» sur le MON 810 sur l’environnement. Qu’en pensez-vous?
Je trouve ce débat surréaliste. Le MON 810 a été évalué par les meilleures instances scientifiques du monde, et études après études, toutes ces évaluations vont dans le même sens et n’engagent pas d’interdiction de ce maïs. Pour moi, la Haute autorité provisoire sur les OGM n’apporte pas d’éléments scientifiques nouveaux sur le sujet.
La dissémination des pollens pose tout de même problème…
C’est un phénomène naturel admis par tous, c’est pourquoi un seuil de présence fortuite est admis à 0,9%. Si le MON 810 était vraiment porteur de danger, il faudrait évidemment l’interdire. Or, ce n’est pas le cas.
Si aucune décision officielle n’a été prise pour le moment, on murmure que la France pourrait activer la clause de sauvegarde, donc d’interdire la culture du MON 810. Quelle conséquence financière cela aurait-il pour vous?
On n’en est pas là. Nous commercialisons les graines aux Etats-Unis, en Espagne et en France. Ici, cela représente 20.000 ha sur 3 millions ha de terres. Prendre la décision d’activer une clause de sauvegarde signifierait que la France tourne le dos à la technologie. De plus, le MON 810 entre tout à fait dans les objectifs du Grenelle de l’environnement: il permet une plante saine, un rendement plus élevé, évite le recours aux pesticides et offre même un bénéfice sur la santé humaine (du fait que les plantes sont saines).
Le drame est plutôt le manque à gagner pour les agriculteurs et pour la France, en matière de compétitivité agricole mondiale. Car il faut être clair: soit on admet que l’on veut produire moins, et l’on rejoint José Bové qui est un idéologue de la décroissance, soit on veut subvenir aux besoins alimentaires croissants de la population mondiale.
Propos recueillis par Sandrine Cochard