«Girls in Hawaii, c’est le fantasme d’évasion par excellence»»
Créé le 08.01.08 à 18h40
Mis à jour le 17.02.08 à 17h30
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MUSIQUE – Interview des deux fondateurs du groupe de pop-rock belge qui sortent leur deuxième album…
«Le nom de notre groupe appelle la blague vaseuse, on ne compte plus le nombre de fois que l’on nous a surnommés les «girls»». Antoine et Lionel, moins de cinquante ans à eux deux, sont les fondateurs de
Girls in Hawaii, un sextuor pop-rock qui a fait des vagues grâce à un premier album très réussi en 2003 («From here to there»). Cinq ans plus tard, ils sont de passage à Paris avant de reprendre une tournée autour d’un deuxième album, «Plan your escape», à paraître le 19 février.
Interview.
D’où vient votre nom, «Girls in Hawaii»?
Antoine et Lionel: De nulle part! Une fois que les premières dates de concerts ont été bookées, il a fallu trouver comment le groupe pourrait s’appeler. Nous cherchions bêtement dans le dictionnaire des idées. Ça allait de Peter Pan à Moonrider, des noms plutôt pourris, et puis, finalement, nous avons repris le titre d’une des premières chansons que nous avions composées. Girls in Hawaii, c’est le fantasme d’évasion par excellence, cette envie de partir très loin, au soleil, lorsqu’il fait gris dans sa ville. Trouver un nom qui nous ressemble, c’était mission impossible! En fait, c’est plus facile de s’identifier par le contraire de ce que nous sommes.
Girls In Hawaii Video - FOUND
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Cinq ans pour réaliser un deuxième album. Pourquoi tant de temps?
Antoine et Lionel: Nous avons mis du temps à atterrir après une première tournée un peu longue. Comment ne pas se répéter après un premier album qui était un condensé de toutes nos références culturelles de nos dix dernières années et qui, sans que nous le fassions trop exprès, a plu aux gens? Nous avons donc beaucoup travaillé sur le «lâcher prise». Si si, et même que nous avons beaucoup fait de psychologie, de yoga, d’énergétique new wave, de… Dans ce deuxième album, nous avons voulu montrer qu’une chanson n’est pas qu’une formule mélodique pop de trois minutes, mais qu’on peut y ajouter des sous-couches et des secondes lectures, travailler davantage les ambiances et passer par d’autres instruments que les basiques guitare/basse/batterie. Mais ce n’est encore qu’une étape.
Pensez-vous à commercialiser votre musique sans passer par une maison de disques?
Antoine et Lionel: Non. D’autant que tout vouloir coordonner tout seul, de la production à la diffusion, cela nous épuiserait. Faire un site web, réaliser un disque, choisir la pochette et jouer, c’est déjà beaucoup de boulot. En plus, nous avons la chance de bosser avec des labels alternatifs qui acceptent nos délires. Pour la pochette, nous avons eu un coup de cœur pour une photo qui, pourtant, ne recueillera pas forcément les suffrages du public. Tout le monde nous disait qu’une autre photo, avec une forêt par exemple, serait peut-être mieux venue, mais nous n’avons eu aucun mal à faire accepter notre choix à nos labels.
La Belgique vient de se pourvoir d’un gouvernement provisoire après six mois de déchirements politiques. Comment réagissez-vous à cette situation?
Antoine et Lionel: Les Belges ont une vision moins dramatique de la chose que les Français. Nous sommes habitués à vivre avec les contradictions de notre Etat qui, depuis des années, fonctionne comme deux pays parallèles regroupés en un seul. D’un côté, il y a la Wallonie, la partie la plus pauvre ; de l’autre, la Flandre, réputée plus riche. Chacune a ses émissions télé, sa langue, sa culture et ses sportifs. Il n’y a guère que l’équipe de foot des Diables rouges qui soit nationale, mais c’est un échec, ils perdent tout le temps!
Nous vivons à Bruxelles, qui se trouve au milieu des deux contrées, une ville polyculturelle qui, à ce titre, incarne le camp des neutres. De là, nous nous sentons plus Européens que Belges.
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