Rétention de sûreté: «Rachida Dati a le mérite d’aborder la question»

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Publié le 8 janvier 2008.

POUR - Philippe Houillon, avocat et député UMP, répond à 20minutes.fr...

Le député UMP Philippe Houillon, avocat de profession, est membre de la commission des lois de l’Assemblée. Ancien rapporteur de la commission d'enquête sur l'affaire d'Outreau, il explique à 20minutes.fr pourquoi il soutient, dans une certaine mesure, le projet de loi de rétention de sûreté pour les criminels sexuels, examiné ce mardi à l’Assemblée.

En quoi jugez-vous nécessaire la mise en place d’une «rétention de sûreté» pour des individus qui ont fini de purger leur peine?

Un certain nombre de personnes continuent de présenter un caractère dangereux à l’issue de leur séjour en prison tout en ayant été reconnues pénalement responsables au moment de leur condamnation. C’est un fait. Cela ne concerne qu’une petite centaine de détenus (si le projet de loi est étendu aux auteurs de crimes sexuels à l’encontre de majeurs, ndlr), mais la Garde des sceaux Rachida Dati a le mérite d’aborder la question.

Pourquoi ne pas plutôt mettre l’accent sur la prise en charge pendant l’incarcération et au moment de la sortie pour éviter la récidive?

C’est ce qui est fait parallèlement car on sait combien les «sorties sèches» favorisent la récidive. Malgré tout, ces mesures ne suffisent pas toujours à ceux qu’on appelle «les grands prédateurs». Et puis un détenu n’est pas obligé de se faire soigner en prison. Il est donc légitime d’étudier le cas de ces individus pénalement responsables mais dont la dangerosité reste trop importante pour les laisser sortir, comme l’ont prouvé certaines affaires qui ont suscité l’émotion.

Mais un palier est tout de même franchi entre une mesure de «sûreté» comme le bracelet électronique et la possibilité d’enfermer quelqu’un toute sa vie sur la supposition qu’il va passer à l’acte...

Effectivement, cette mesure est contraire au principe de liberté auquel je suis attaché. C’est pourquoi il faudrait que la communauté des experts de la santé mentale fasse le point sur la capacité ou non de la science psychiatrique à évaluer la «dangerosité» d’un individu. C’est la pierre angulaire de ce projet de loi car c’est sur cette évaluation que reposera la décision des magistrats de placer quelqu’un en centre de rétention. Il y a également un travail à faire sur la fiabilité des expertises d’ordre médico-psychologique réalisées en amont de la peine. Pour mieux déterminer ce qui est curable et ce qui ne l’est pas.
Recueilli par Catherine Fournier
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