Les enjeux de l'affaire Stern

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Publié le 20 décembre 2007.

MEURTRE - La première audience publique sur le meurtre du banquier français Edouard Stern a eu lieu mercredi à Genève. Les réponses aux questions que vous vous posez...

La première audience publique sur le meurtre du banquier français Edouard Stern a eu lieu mercredi à Genève. Les réponses aux questions que vous vous posez:

Que s’est-il passé?
En février 2005, on découvre le corps du banquier Edouard Stern, 38e fortune de France, dans son appartement de Genève, vêtu d’une combinaison sado-maso en latex et transpercé par quatre balles de Smith&Wesson. Dont deux dans la tête. Quinze jours après, Cécile Brossard, sa maîtresse de trente-six ans, est arrêtée après avoir tenté de fuir en Australie. Elle passe aux aveux.

Quel est l’enjeu de ce procès?
Pour les avocats de la famille Stern, il s’agit d’un assassinat prémédité, commis par une «cocotte rusée» ayant attisé les fantasmes d’un homme de 50 ans jusqu’à la dépendance. Pour la défense, des stars du barreau genevois, il s’agit d’un crime passionnel commis par la victime d’un harcèlement moral: le banquier Stern aurait joué avec les sentiments de la jeune femme.

Les questionnements tournent notamment autour du million de dollars que le banquier a donné à sa meurtrière avant de le lui retirer. «Un million de dollars, c’est cher pour une pute…», aurait lâché Stern à la jeune femme. Bouleversée par cette phrase, assure la défense, Cécile Brossard aurait alors tiré sur son amant.

Pourquoi l’état Français est-il mis en question?

Au moment du meurtre, Edouard Stern, intime de Nicolas Sarkozy, poursuivait les dirigeants de Rhodia en justice. L’accusation a reproché aux autorités françaises d’avoir sali le défunt pour défendre les intérêts de l’ex-ministre des Finances Thierry Breton. «Les premiers torrents de boue venaient des officines parisiennes pas trop loin du pouvoir. Parce que Edouard Stern plaidait contre Rhodia, qui n’était pas trop loin du ministre des Finances », a lancé l’avocat de la famille Stern. En clair, en donnant au banquier le rôle du manipulateur dans sa relation avec Cécile Brossard, les autorités françaises auraient tenté de salir son image pour décrédibiliser sa position dans l’affaire Rhodia. Cette thèse est une des pistes creusées par les journalistes de la «Tribune de Genève» dans le livre «Mort d’un banquier» (Editions Privé), montrant comment les renseignements généraux, les chiraquiens et les sarkozystes se sont beaucoup agités autour du personnage Stern.

Quelques images d'Olivier Assayas du film inspiré par cette affaire:


Son appartement:

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