Franck Cammas, skipper de « Groupama 3 », au départ du Trophée Jules-Verne
Après votre victoire dans la Transat Jacques-Vabre en novembre, vous attaquez dans les jours qui viennent (en fonction de la météo) le Trophée Jules-Verne, un tour du monde en équipage et sans escale. Deux courses avec deux bateaux différents, comment vous êtes-vous organisé ?
Depuis le début, il existe deux équipes bien distinctes pour préparer Groupama 2 (trimaran de 18,28 m) et Groupama 3 (trimaran de 31,50 m). Du coup, lorsque l'un court, cela ne vient pas retarder le programme technique de l'autre. Ce fut le cas lors de la Transat Jacques-Vabre, puisque l'équipe technique du maxi-trimaran a poursuivi la préparation du Trophée Jules-Verne comme si de rien n'était. Mais cela est également possible car je suis secondé par Franck Proffit. Il est l'un des trois chefs de quart du bord, mais également le responsable opérationnel de Groupama 3. Il supervise la préparation, il gère l'équipage sélectionné et lorsque je suis absent, il skippe le bateau.
Que représente justement cette tentative de record par rapport à une transat ?
Une transat à bord de Groupama 2 et un tour du monde en équipage à bord de Groupama 3 semblent difficilement comparables. L'une se dispute en course et l'autre s'attaque à des records et donc à des chronos. Je n'attache pas moins d'importance à l'un ou à l'autre ! Qu'il s'agisse du Tour du monde qui nous attend ou de la Transat Jacques-Vabre, que nous avons gagnée avec Stève Ravussin, cela me procure le même plaisir, celui d'être en mer et en compétition.
La navigation en équipage permet-elle d'utiliser le bateau à 100 % de ses possibilités en permanence ?
Nous serons dix à bord de Groupama 3 pour nous attaquer au Trophée Jules-Verne. L'équipage a été divisé en trois quarts de trois marins, plus le navigateur qui se consacre pleinement à l'actualisation des bulletins météo et à l'optimisation de la trajectoire du bateau. Puis nous avons instauré une rotation des quarts : un quart est en permanence sur le pont, le suivant est en veille, le troisième au repos complet. Cette organisation permet de toujours avoir trois hommes sur le pont, un à la barre et les deux autres aux réglages. C'est ainsi que nous parvenons à être à la limite du bateau sans danger.
Comment gérez-vous en course cette équipe que vous avez composée ?
Plutôt bien j'espère ! Un équipage est une chaîne de compétences où chaque maillon apporte sa contribution pour la bonne réussite du projet. Et ce type d'aventure est à la fois un défi technologique et un challenge humain. Les huit marins sélectionnés par Franck Proffit et moi-même pour ce tour du monde, sont tous des équipiers performants, talentueux et d'expérience. C'est un collectif plutôt facile à gérer et c'est avant tout un grand confort d'avoir ces gens-là autour de moi.