Une convention baptisée « Zéro-phyto » a été signée hier entre la Communauté urbaine de Strasbourg (CUS) et l'agence de l'eau Rhin-Meuse pour limiter drastiquement l'usage de pesticides au sein de la collectivité. L'objectif ultime est de les faire disparaître. Le service des espaces verts, dont font partie les serres municipales où sont cultivés les végétaux qui ornent les lieux publics, a déjà réduit de 30 % en quatre ans le volume des produits phytosanitaires utilisés.
Dès janvier, cette démarche sera renforcée par la convention. Cette dernière prévoit la formation des agents au désherbage sans pesticides et aux techniques permettant de créer des espaces verts à l'entretien réduit. Le service du nettoyage et de la propreté, qui utilise des produits phytosanitaires pour entretenir la voirie, est associé à cette démarche. Leur réduction est un véritable enjeu de santé publique, comme le souligne l'adjoint au maire à l'environnement (écologiste indépendant) Hugues Geiger, lui-même médecin : « Les pesticides entraînent des risques de cancer. Or, lorsqu'ils sont pulvérisés, ils se diffusent dans l'air que nous respirons. » Une mise en garde qui concerne aussi les jardiniers du dimanche qui doivent se montrer vigilants à cet égard. Mais il n'y pas qu'en surface que les pesticides peuvent avoir des effets néfastes. Une étude, réalisée par le conseil régional de 2003 à 2005, révèle la présence dans la nappe phréatique de 36 substances utilisées dans les produits phytosanitaires. Pour que les limites de potabilité ne soient pas franchies un jour, il convient d'agir vite.