SANS LOGIS - La ministre reconnaît un manque de places de stabilisation qui permettent de ne pas renvoyer les SDF à la rue le matin...
La ministre du Logement Christine Boutin a de nouveau assuré mardi, avant une réunion à Matignon, que les places d'hébergement d'urgence étaient en nombre suffisant mais admis que seule la moitié des places de stabilisation prévues avaient été mises en place.
«Sur les maisons-relais (places de stabilisation et de transition permettant notamment aux SDF de ne pas être remis à la rue chaque matin), il y a un retard, je l'ai toujours dit», a-t-elle reconnu. «Il y avait un engagement pour 12.000 places, il y en a 6.000 qui ont été réalisées sous ma responsabilité c'est-à-dire en 6 mois et demi», a-t-elle précisé, assurant qu'elle ferait construire les places manquantes «d'ici l'hiver prochain».
«Un problème de temps»
«Les budgets sont prévus», a-t-elle dit, annonçant la nomination mardi de Michel Pelissier, président d'Adoma (ex-Sonacotra) à la tête d'une mission sur ce thème. «L'Etat tient ses promesses mais il y a un problème de temps», a-t-elle dit. «Pour l'instant tout le logement est bloqué. Il faut qu'il y ait de la construction. J'en appelle à la responsabilité des élus et des citoyens qui dès qu'il y a un projet font des associations de défense pour s'opposer à la construction, il s'agit d'un enjeu national».
Mme Boutin a aussi déclaré que la «décision» de réquisition de logements vacants était «en cours» mais qu'elle attendait du ministre du Budget Eric Woerth les données fiscales nécessaires. Assumant
l'évacuation policière du campement dressé samedi près de Notre-Dame par les Enfants de Don Quichotte, Mme Boutin a estimé que «c'était une affaire purement médiatique» qui «mettait en risque la vie d'autrui».
Une polémique porte sur les 27.100 places d'hébergement promises en janvier dernier par le gouvernement. Augustin Legrand et certaines associations soutiennent que seules 14.000 places ont été dégagées.