INTERVIEW - Daniel J. Weiss est spécialiste des questions relatives au changement climatique au sein du think-thank américain Center for American progress...
Daniel J. Weiss est spécialiste des questions relatives au changement climatique au sein du think-thank américain Center for American progress...
Faut-il tenir les Etats-Unis pour responsables d’un éventuel échec de la conférence de Bali ?
Si les discussions échouent sans que l’on soit parvenu à un accord, ce sera la faute des Etats-Unis et de leurs alliés canadiens et japonais qui refusent tout objectif significatif de réduction des gaz à effet de serre. L’administration Bush s’y est toujours opposée pour des raisons idéologiques. Elle s’est déclarée favorable à des mesures volontaristes mais dans les faits, c’est une adhésion au statu quo.
Le président Bush est beaucoup plus préoccupé par le maintien de profits élevés pour les compagnies pétrolières que par une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais de toute façon, dans moins d’un an il y aura un nouveau président. Et l’on peut espérer qu’il ou elle renversera l’opposition américaine à toute mesure allant dans ce sens.
Quelles peuvent être les conséquences d’un échec de cette conférence sur l’opinion américaine ?
Qu’il y ait accord ou non, cela aura un impact sur l’opinion. Les Américains comprennent qu’il y a urgence à réduire la pollution et sont plutôt favorables à une action destinée à diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Ce sont les politiciens menés par George W. Bush qui y résistent. Dans tous les cas, cela devrait aider à engager nationalement une action forte dans ce sens.
Qu’est-ce qui pourrait changer la donne ?
Les Etats-Unis doivent adopter leur propre programme pour réduire l’émission de gaz à effet de serre, puisque nous y avons contribué davantage qu’aucun autre pays au monde. La signature du
décret sur l’énergie qui est en ce moment au Congrès pourrait réduire un peu ces émissions. Il faut ensuite pousser le
«Climate Security Act» proposé par les sénateurs
Liebermann () et
Warner [le premier est indépendant, le second républicain] qui réduirait de 50 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020.
Il n’y a qu’en adoptant des mesures fédérales contraignantes et en définissant des standards énergétiques plus restrictifs que les Etats-Unis pourront à nouveau jouer un rôle de leader. et parviendront à convaincre le Japon et le Canada, mais aussi d’autres pays réticents comme la Chine ou l’Inde. Tant que nous ne ferons rien, cela restera impossible.
Recueilli par Gilles Bouvaist, à New York