Les députés de l'opposition quittent l'Assemblée pour protester contre la venue de Kadhafi
Créé le 11.12.07 à 11h07
Mis à jour le 11.12.07 à 16h09
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DIPLOMATIE - Les journalistes sont tenus à l'écart de la rencontre entre Mouammar Kadhafi et les parlementaires…
Ambiance à l'Assemblée nationale. Les députés d'opposition socialistes et Verts ont quitté mardi l'hémicycle de l'Assemblée, au début du débat sur l'Europe.
A l'ouverture de séance, le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault a demandé à prendre la parole, par un rappel au règlement, pour protester contre la réception organisée, dans la matinée, par le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, en l'honneur de Mouammar Kadhafi.
Au motif que «le déroulement de la séance était strictement limité», Bernard Accoyer a refusé cette demande. L'ensemble des députés socialistes, suivis par les Verts, se sont alors levés et on quitté bruyamment l'hémicycle. Les députés de l'UMP, du Nouveau Centre et les communistes sont restés seuls en place alors que le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, prenait la parole sur l'Europe.
Au sein de la majorité, le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, a fait part du «soutien absolument total» de son groupe «à l'initiative diplomatique» de Nicolas Sarkozy. «La Libye d'aujourd'hui, ce n'est plus la Libye d'hier», a-t-il fait valoir.
Une affirmation pourtant contredite par la réaction du député villepiniste Hervé Mariton qui estime que «la rénovation de notre politique diplomatique et la rupture dans le domaine de la diplomatie française est encore à venir». «Je peux concevoir que l'exécutif reçoive le chef de l'Etat libyen. Mais je considère que l'Assemblée nationale est un lieu emblématique de la démocratie et que l'on doit choisir un peu qui l'on reçoit».
Des journalistes limités dans leurs mouvements
Plus tôt, la circulation des journalistes avait été largement «restreinte» à partir de 11h à l'Assemblée nationale. Dès la matinée, des cordons de sécurité ont été placés devant l'ascenseur d'accès à la tribune de presse. Seuls deux journalistes avaient été autorisés à couvrir
la venue controversée du leader libyen, qui a été reçu par Bernard Accoyer à 11h45 à l'Hôtel de Lassay, la résidence du président de l’Assemblée. Peu de monde donc pour entendre le président de l'Assemblée nationale parler du cheminement de la Libye vers «la démocratie», comme il avait promis de le faire. Une rencontre, élargie à des députés - mais boycottée par la gauche - s'est ensuite tenue dans la salle des fêtes. Là encore, sans la presse, puisque dès 11h, la porte d'accès entre la salle des Quatre colonnes et la cour de la présidence avait été condamnée.
Lundi, Mouammar Kadhafi avait exigé des mesures très strictes de sécurité pour sa visite. Il avait notamment demandé que les journalistes soient tenus à l'écart et que seule une caméra de télévision, celle des services de l'Assemblée, puisse immortaliser l'événement. Il aurait par ailleurs exigé que ce matériel soit démonté et remonté avant sa visite en présence de ses propres agents de sécurité.
«Franchement qu'est-ce que vient faire Kadhafi à l'Assemblée nationale?», s'est demandé François Hollande sur RTL. «L'Assemblée nationale, c'est un lieu que l'on dit être celui de la République, c'est là aussi où ont été proclamés les Droits de l'homme.»
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