Sans lunettes de soleil mais le poing levé

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Publié le 10 décembre 2007.

DIPLOMATIE - Dans la cour de l'Elysée, la presse mondiale attendait l'arrivée du dirigeant libyen…

L'heure de retard du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et la pluie n'auront pas empêché la cour de l'Elysée de prendre ses allures de grand jour, ce lundi. Une centaine de journalistes, dont beaucoup d'étrangers, se pressent dès 14h30 à gauche du perron. Cameramen et photographes s'empilent sur une estrade métallique, prennent à partie leurs confrères dont les parapluies obstruent leur champ de vision. En face, la Garde républicaine manœuvre suivant un plan protocolaire mystérieux.
 
Une journaliste radio s'inquiète: «j'espère qu'on va tout de même pas tomber malade pour ce c… de Kadhafi». Un photographe anglais s'amuse comme il peut, en faisant des jeux de mots: «savez-vous qu'il a mis s'attentat Marigny?».
 
A 15h25 enfin, cinq minutes après que le portait a été ouvert, le cortège officiel arrive. Une limousine Mercedes blanche pénètre lentement dans la cour alors que la musique militaire retentit. Une porte s'ouvre. Mouammar Kadhafi, revêtu d'une toge brune et coiffé d'une toque, en sort tranquillement. Il ne porte pas ses traditionnelles lunettes de soleil.
 
Le poing levé
 
D'un pas lent et le regard fixe, il se dirige vers le perron où l'attend Nicolas Sarkozy. Il fait le salut militaire rapidement en direction de la fanfare puis lève le poing, en signe de victoire, en direction de la presse. Poliment, il serre ensuite la main du président de la République et s'engouffre avec lui dans le palais de l'Elysée. Seuls quelques journalistes libyens et l'équipe de TF1 sont autorisés à les suivre.
 
Une heure plus tard, les deux dirigeants ressortent et se séparent sans effusion. Ils doivent se revoir trois heures plus tard pour la signature de dix milliards d'euros de contrats. Le colonel salue la presse, dévale maladroitement les marches et disparaît dans l'intérieur cuir caramel de sa voiture. La musique militaire reprend tandis qu'un journaliste libyen salue de la main son dirigeant.
Alexandre Sulzer
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