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Nicolas Sarkozy justifie la visite de Mouammar Kadhafi

Nicolas Sarkozy accueille Mouammar Khadafi le 10 décembre 2007 à l'Elysée à Paris
Nicolas Sarkozy accueille Mouammar Khadafi le 10 décembre 2007 à l'Elysée à Paris/Eric Feferberg AFP

POLITIQUE - Il trouve «normal» les critiques de Rama Yade…

A peine le colonel Kadhafi parti de l'Elysée, Nicolas Sarkozy a réuni les journalistes pour faire part de son «état d'esprit» sur la visite du dirigeant libyen. Et tenter de désamorcer la polémique sur l'opportunité d'une telle visite.

Concernant Rama Yade qui avait émis publiquement des critiques dans «Le Parisien», le président de la République a renouvelé sa confiance à la secrétaire d'Etat. Il est «normal qu'elle assure ses convictions politiques que je partage et dont j'ai fait part au président libyen», a-t-il assuré. D'ailleurs, n'était-elle pas «à ses côtés» lors de sa visite en Libye?

Kadhafi fréquentable

Outre l'évocation rapide de la «dizaine de milliard d'euros de contrats importants» que la France doit signer avec Tripoli, le chef de l'Etat a justifié la venue du leader libyen rue du faubourg Saint-Honoré. Selon lui, la «France doit parler avec ceux qui cherchent la responsabilité». Mouammar Kadhafi est justement un «chef d'Etat qui a choisi de renoncer définitivement à l'arme nucléaire, qui a rendu les stocks sous contrôle des organisations internationales, a renoncé définitivement au terrorisme et a choisi d'indemniser les victimes».

A ce sujet, Nicolas Sarkozy a précisé qu'il recevrait également les associations de victimes et qu'il avait évoqué avec son homologue les «litiges» en suspens concernant leur indemnisation. Reprendre contact avec Tripoli à donc valeur d'exemple, selon le Président car il n'est pas question de «traiter de la même façon ceux qui sont dans le bon chemin et ceux qui sont dans le mauvais». «Que dirions-nous aux Iraniens sinon?», interroge-t-il.

Ne rien «renier» sur les Droits de l'homme

Celui qui dit ne rien renier «à ses convictions sur les Droits de l'homme» entend donc promouvoir une diplomatie du «contact». Et d'attaquer: «c'est bien beau les pétitions et les discours au café de Flore». Une pique à peine voilée contre Bernard-Hennri Lévy qui s'était dit «choqué» par la visite.

Nicolas Sarkozy s'en est aussi pris au journal «Libération» qui titrait lundi matin «Kadhafi mon ami». «Après avoir été l'instrument d'un supposé lobby juif quand j'étais en Algérie, je serais donc le champion du grand écart!», s'exclame-t-il. «La France parle à tout le monde», résume-t-il. Surtout si cela profite «à la croissance et à l'emploi».
Alexandre Sulzer
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