«Il y avait plusieurs options mais aucun second choix»

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Publié le 10 décembre 2007.

INTERVIEW - Mathias Malzieu, le leader de Dionysos, revient sur le nouvel album du groupe, «La mécanique du cœur», et annonce plusieurs surprises pour 2008…

Aux commandes de «La mécanique du cœur», dernier album de Dionysos adapté de son roman du même nom, Mathias Malzieu, le chanteur du groupe, défend un univers de plus en plus proche de celui de Tim Burton. Sur une histoire proche du conte - un enfant naît avec un cœur gelé, remplacé pour le sauver par une horloge qui ne supporte pas la moindre émotion forte, dont l’amour – le groupe a réussi l’exploit de réunir un casting royal où figurent, entre autres, Rosy de Palma, Jean Rochefort, Grand Corps Malade, Eric Cantona et Arthur H. Un album au carrefour des genres, empruntant au conte, au cinéma, à la musique.

L’album «La mécanique du cœur» est adapté de votre roman du même nom. Comment passe-t-on de l’un à l’autre?
J’y avais déjà un peu réfléchi avec mon précédent roman «Maintenant qu’il fait toujours nuit sur toi». Sans être une BO du livre, j’avais voulu placer des personnages dans un autre contexte, en l’occurrence dans l’album «Monsters in love». J’ai trouvé savoureux les accidents que cela provoquait et j’ai voulu retenter l’expérience avec «La mécanique du cœur». Avec la musique, nous avons pu donner corps à Jack, notamment en allant prendre des sons dans une horlogerie, pour écouter son cœur battre. Quant aux autres personnages, ils assument tous une fonction narrative et assurent la continuité de l’histoire, du plus petit rôle au plus grand.

Ces personnages sont portés par leurs interprètes, tous des personnalités fortes. Ne craignez-vous pas qu’ils éclipsent l’histoire?
Non, j’avais besoin de ces personnalités. J’aurais pu travailler ave Bruno Cali, Gaëtan Roussel (Louise Attaque), Deportivo que j’apprécie beaucoup mais j’ai choisi ces interprètes parce que j’aime ce qu’ils font et qu’ils collaient aux personnages. Il y avait plusieurs options mais aucun second choix.

Le clip, réalisé par Stéphane Berla, emprunte beaucoup à l’univers de Tim Burton. C’est une influence que vous reconnaissez?
Oui, je me retrouve dans ce qu’il fait. Le clip s’inspire d’abord de la pochette de l’album, dessinées par Joan Sfar. Je voulais absolument qu’il y ait des humains mais les deux personnages principaux sont interprétés par Olivia (Ruiz, sa compagne ndlr) et moi et je trouvais ça un poil abusé de poser avec elle, même en costume. Je voulais aussi quelque chose de poétique qui soit au carrefour de plein de choses: ni dans l’enfance, ni dans la caricature. Ce dessin résume bien ce que nous cherchions.

Le groupe Dionysos a 15 ans. L’alchimie est-elle toujours la même?
Oui, d’autant que nous prenons toutes les décisions ensemble. J’assume tout à fait mon rôle de leader mais nous fonctionnons comme une démocratie. Nous avons évolué tous ensemble même si parfois, c’est du sport… Il y a beaucoup de discussions et de place aux projets solo, comme c’est le cas pour Babet. Et c’est très bien, chaque projet est source d’enseignement. Après, c’est vrai que c’est souvent un bazar logistique pour nous réunir. Babet n’est pas sur l’album mais on lui a fait un petit clin d’œil en lui donnant un des personnages en duo avec Rosy de Palma. Elle nous rejoindra néanmoins sur scène avec nous pour la tournée, dès janvier.

Justement, la tournée comprend moins de dates que la précédente. Pourquoi?
Nous ne voulions pas repartir sur des marathons comme pour «Monsters in Love». Nous avons donc posé 25 à 30 dates, quelques festivals et les deux concerts aux Folies Bergères, en octobre, où nous espérons réunir tous les invités.

Sans les invités, comment allez vous vous produire sur scène?
Je ne sais pas encore mais cela ne me fait pas peur. Ces chansons, je les ai écrites et c’était un parti pris de les interpréter par des personnages mais elles existent sans. Toutes ne fonctionneront pas sans les personnages, il nous faudra choisir celles qui s’y prêtent le mieux. Les duos avec Olivia, comme «Flamme à lunette» ou «Candy lady» où elle me répond en espagnol, ne seront pas joués quand elle ne sera pas là. Tout comme celles de Grand Corps Malade. Par contre, aux Folies Bergères, nous présenterons «La mécanique du cœur» de A à Z en faisant une vraie mise en scène, avec décors et costumes. En espérant que les personnages vivent dans un futur long métrage. Mais par superstition, je ne veux pas trop en parler...
Propos recueillis par Sandrine Cochard
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