La région est au bord d'une crise de la profession de foi. Dans un mémento à l'usage des candidats aux municipales de 2008, le ministère de l'Intérieur annonce la suppression des programmes en allemand dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et dix-neuf cantons de la Moselle. Révélée samedi matin par France Bleu Alsace, l'information a fait l'effet d'une bombe dans la classe politique locale. « Il ne faut vraiment rien comprendre à l'Alsace pour créer de telles instructions, dénonce par exemple Bernard Stoessel, vice-président (MoDem) du conseil régional. Il en va du respect des personnes âgées et du respect de la tradition et de l'avenir. » De son côté, Yann Wehrling, porte-parole national des Verts, dénonce « une insulte inutile à la spécificité et à l'histoire de l'Alsace-Moselle. Alors que l'Alsace s'emploie activement à promouvoir le bilinguisme, on ne peut que déplorer l'archaïsme de cette décision "parisienne". » Il appelle les futurs candidats refusant cette décision à proposer « tout de même des documents en langue allemande » à leurs électeurs.