«Si la bombe avait été plus forte, j'y serais passée»

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Publié le 6 décembre 2007.

REPORTAGE - Forces de l'ordre et témoins de l'explosion étaient regroupés avec les journalistes mercredi place Saint-Augustin…

13h50 jeudi, place Saint-Augustin à Paris. Des dizaines de voitures de police déboulent en trombe, sirènes hurlantes. Des groupes de gendarmes sont déjà positionnés, des militaires, casqués et armés, bloquent l'accès du boulevard Malesherbes. Des jeeps kakis barrent la route. Une heure plus tôt, un colis piégé a explosé dans un cabinet d'avocats du 52 de cet axe des beaux quartiers de la capitale.

Les rumeurs contradictoires circulent, d'autant plus qu'au premier étage se trouve un autre cabinet d'avocats dans lequel a exercé Nicolas Sarkozy. Le bâtonnier de l'ordre des avocats de Paris, Yves Repiquet, et son successeur annoncent, la mine grave, qu'une secrétaire a été tuée. Un peu plus tard, c'est au tour de Bertrand Delanoë, le maire de Paris, de faire son apparition, sous la pluie battante, pour condamner cette «violence criminelle». Il sera vite rejoint par sa concurrente UMP aux municipales, Françoise de Panafieu, qui évoque un «acte odieux» devant les caméras.

Serge Klarsfeld : M° Olivier Brane est «un ami»

De l'autre côté de la place marche l'avocat Serge Klarsfeld, vice-président de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Cette institution se trouve sur le même palier que le cabinet visé. Visiblement ému — l'avocat blessé, M° Olivier Brane étant un «ami», il affirme que c'est le cabinet Gouet-Jenselme qui était «vraisemblablement visé». Il rejoint les salariés, «choqués mais pas blessés», de la Fondation dans une sandwicherie voisine.

Audrey y raconte avoir entendu «un gros bruit» juste derrière la porte. «Quelques secondes plus tard, les victimes, qui tremblaient et pleuraient, se sont précipitées chez nous pour appeler les secours», explique-t-elle. «J'ai aperçu la secrétaire, étendue par terre, mais j'ai détourné les yeux». Les secours les ont ensuite évacués très vite par les escaliers avec M° Brane «recouvert de sang mais qui marchait». Audrey, comme ses collègues, pense que la présence au même étage de l'institution mémorielle «est un hasard». Le regard dans le vide, elle répète : «si la bombe avait été plus forte, j'y serais passée».
Alexandre Sulzer
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