C'est ce qu'on appelle de l'argent facile. La police a distribué hier à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) des tracts d'un genre singulier. Elle y invite les témoins des coups de feu tirés contre des policiers à se manifester en échange de « plusieurs milliers d'euros ». Bien entendu, l'anonymat est garanti. Ces tracts ont été distribués « sans incident », a précisé Jean Espitalier, directeur régional de la police judiciaire.
L'initiative, exceptionnelle, a bénéficié d'un excellent accueil des forces de l'ordre. Même Joaquin Masanet, le patron de l'Unsa, syndicat proche du PS, la soutient sans réserve : « C'est prévu par la loi, donc c'est tout à fait logique qu'on l'utilise, comme on le fait dans des affaires de renseignements, et comme on l'a fait pour retrouver les incendiaires du bus à Marseille, où se trouvait la jeune Mama Galledou. » Patrick Calvet, d'Alliance, est sur la même ligne. « C'est une bonne chose, je n'y vois aucun inconvénient. »
Jean-Luc Bennahmias, député européen récemment rallié au MoDem, ne partage pas ce point de vue : « Il est bien sûr normal que l'on recherche les tireurs et des témoins, mais je n'aime pas cette américanisation à outrance du système. Promettre de l'argent, c'est créer de l'animosité entre les gens des quartiers. » Faouzi Lamdaoui, responsable national du Parti socialiste, dénonce également « une dérive à l'anglo-saxonne, qui pousse à surveiller son voisin de pallier ».