Une vraie rupture. Dans exactement un mois, il ne sera plus possible de fumer dans les 280 000 cafés, restos, casinos et discothèques de France, l'année transitoire étant révolue. Chaque établissement va devoir se convertir au «no smoking». Mais paradoxalement, les fumeurs vont être courtisés.
· Dans les restos Il sera encore possible de s'en griller une sur les terrasses - même couvertes - et dans les espaces clos dédiés. Pour autant, les patrons qui refusent d'installer un «cachot à fumeurs» ne perdront pas forcément leurs euros: selon l'association Droit des non-fumeurs, pour 57 % des restaurateurs et cafetiers déjà non-fumeurs, l'interdiction «n'a pas eu d'impact» sur la fréquentation et le chiffre d'affaires. L'Ecluse, bar à vins parisien sans fumée depuis un an, a perdu «5 % de chiffre d'affaires en janvier dernier, puis a enregistré un retour à la normale».
· Dans les casinos Depuis la mi-octobre, le groupe Barrière sort le grand jeu pour retenir les fumeurs devant ses tapis verts et ses machines à sous. Des narguilés à oxygène et 500.000 sucettes - soit 2.000 par jour - sont à disposition, en plus des «cages en verre» installées à deux pas des tables de jeux. Quant au groupe Partouche, il prévoit de distribuer gratuitement aux joueurs fumeurs de fausses cigarettes électroniques parfumées fonctionnnant à la vapeur d'eau. Ainsi que des bonbons, sucettes et bâtons de réglisse.
· Dans les bars Là, les fumeurs posent problème, les fumoirs étant difficiles à mettre en place dans les bistrots de quartier ou de campagne. «Un fumeur sur trois nous dit qu'il ne viendra plus s'il ne peut plus s'offrir de cigarette avec son café et son journal», fulmine René Le Pape, président de la Confédération des débitants de tabac. Le 21 novembre, la moitié des 33.000 buralistes ont défilé pour être autorisés à installer de simples pièces avec extracteur d'air, solution moins contraignante que les fumoirs. Même combat pour les bars à chicha, «condamnés à plier boutique» sauf dérogation, selon l'Union des professionnels du narguilé. Or hier soir, le ministère de la Santé nous a confirmé qu'aucune exception n'est envisagée «pour le moment».