«Quand je vois les flics patrouiller ici et bousculer les jeunes, c'est une provocation»

Publié le 28 novembre 2007.

REVUE DE PRESSE - Les journaux français et internationaux, déplorent les violences, et sont allés voir sur place les raisons de l'explosion...

«Force doit rester à la loi républicaine et au respect des forces de l'ordre et de secours, dont la mission est de porter assistance à des personnes en danger», explique Hervé Chabaud dans l'Union, résumant ainsi une position largement partagée dans la presse française. «C'est la guérilla urbaine sur un territoire que les forces de l'ordre contrôlent de moins en moins bien, tant l'incompréhension et même la haine se sont installées», affirme Hubert Coudurier dans Le Télégramme.«Autant dire que cette radicalisation rend la situation très grave et nous rapproche d'un point de rupture. Si un nouveau cran devait être franchi avec des morts, la France se rapprocherait alors du terrifiant modèle américain».

Un modèle qui inquiète moins Yves Thréard, du Figaro. «A-t-on conscience que l'on fait ainsi le jeu de ceux qu'ils dérangent dans leurs juteux trafics, de ceux qui refusent les règles les plus élémentaires de la vie en société? En d'autres pays, comme aux Etats-Unis, ordre aurait été donné de répliquer sans pitié».

Témoignages des habitants

Au-delà des nombreux articles sur les violences, de nombreux journalistes se sont aussi intéressés aux témoignages des habitants de Villiers-le Bel. Charles Bremner, du quotidien britannique «The Times», est allé faire un tour à Villiers-leBel: «Une femme blonde d'une quarantaine d'années, une banlieusarde ordinaire, a arrêté sa Peugeot et ouvert la vitre de sa voiture pour me dire à quel point elle était dégoûtée de la façon dont les policiers traitent les familles immigrées. "Cet endroit est dur. Il y a beaucoup de cas sociaux, 90% d'étrangers, mais quand je vois les flics patrouiller ici et bousculer les jeunes, c'est une provocation. Imaginez, si quelqu'un promenait un chien d'attaque sur votre gazon, vous réagiriez, non?"»

«Le Parisien» a aussi publié le témoignage de proches de Moushin et Larami, notamment celui de Kinta Samourou, le père de Larami. «Il travaillait deux semaines à la boulangerie, une semaine à l’école. Demandez à son patron. Il dit qu’il était très gentil avec lui.»

Le New York Times publie d’ailleurs le témoignage de Habib Friaa, le boulanger qui accueillait le jeune Larimi en apprentissage. «La boulangerie, c'était sa passion. C'était un jeune homme courageux, quelqu'un qui avait de l'espoir.»
P. K.
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