TEMOIGNAGE - Le grand-frère de Larami, l'adolescent de 16 ans décédé dimanche soir, témoigne...
Témoignage. Le grand frère de Larami, 18 ans, tué dimanche à Villiers-le-Bel lors d’un choc entre sa mini-moto et un véhicule de police, passe à la boulangerie où travaillait son frère en apprentissage. Il refuse de donner son prénom, mais confie sa «rage» et son incompréhension. Le regard digne, la voix douce, il s’interroge sur les circonstances du drame.
«On veut savoir la vérité. Il n'y a pas de raison qu'ils n'aillent pas en prison parce que ce sont des policiers. Si vous aviez écrasé deux gamins à un passage piéton, vous iriez tout de suite en prison pour vingt ans», dénonce-t-il, la respiration coupée par l'émotion. Il en veut aux policiers qui «savent comment réanimer quelqu’un. Je ne comprends pas pourquoi ils l’ont laissé. Ils ont aussi laissé la voiture, la moto par terre.»
«Ce n'est pas de la violence, c'est de la rage.»
Présent à proximité, il a très vite été alerté par de grands cris. «Quand j'ai appris pour mon frère, j'ai cru que je devenais fou, je criais partout, se remémore-t-il. «Tout le monde criait. Larami était encore vivant. C’est à la télé qu’ils nous ont appris sa mort. Je ne pouvais pas y croire.» Et les autorités? «Le gouvernement a appelé ma famille aujourd'hui, mais c'est trop tard.»
Il n’en doute pas, les émeutes vont continuer, «même si les auteurs moins nombreux. Ce n'est pas de la violence, c'est de la rage. C'est la guerre, il n'y a plus de dialogue. » Comme ses proches, le frère de Larami ne fait pas confiance à l'IGPN (Inspection générale de la police nationale, chargée de l’enquête), et réclame une «vraie enquête, avec un procès au bout. Ça s'arrêtera quand justice sera faite, quand les policiers iront en prison.»
Recueilli par Pierre Koetschet