«Un niveau de violence pire qu'il y a deux ans»

Publié le 27 novembre 2007.

VILLIERS - Les syndicats de police notent «l'usage quasi systématique d'armes à feu»...

Une violence plus intense qu’il y a deux ans. Ce constat, partagé par les policiers et les responsables locaux, est dans toutes les réactions depuis le début des affrontements entre jeunes et policiers dimanche.

Alors que près de 82 policiers ont été blessés dans la nuit de lundi à mardi selon une source policière, la préfecture du département parle seulement de «nombreux policiers blessés», se refusant à une communication précise dans un «souci d'apaisement». «Trois de ces agents, plus sérieusement touchés, ont dû être conduits à l’hôpital; l’un d’entre eux, touché à l’œil, risque de conserver des séquelles de ces affrontements», ajoute la préfecture dans un communiqué.

«On a déjà dépassé en intensité de violence ce qu'on a connu en novembre 2005, s'est alarmé Douhane Mohamed, membre du bureau national du syndicat Synergie, qui note l'usage quasi systématique d'armes à feu contre les policiers». L'Unsa Police, premier syndicat de gardiens de la paix, estime aussi que «nous avons atteint un niveau supplémentaire dans l'échelle des violences. Nous approchons de la catastrophe en constatant l'utilisation d'armes à feu contre les fonctionnaires de police». «Nos collègues ont été confrontés à de véritables scènes de guérilla urbaine», ajoute le secrétaire général du syndicat Synergie, Bruno Beschizza, à l'AFP. «Un cap a été franchi avec l'utilisation, contre eux, d'armes dont un fusil de chasse», confirme-t-il.

François Pupponi, maire socialiste de Sarcelles (Val d'Oise), où les affrontements de Villiers-le-Bel de dimanche et lundi ont fait tache d'huile, estime également que la situation dans les banlieues est «pire qu'il y a deux ans». «Les causes de l'explosion sont toujours là mais elles sont aggravées, a-t-il déclaré à l'AFP. Aujourd'hui, un certain nombre de jeunes, extrêmement minoritaires, ont basculé dans la haine et la violence physique. Il y a deux ans, on s'attaquait aux biens. Là, on s'attaque aux personnes, on est monté d'un cran. C'est impressionnant et dramatique».

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Avec AFP
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