REACTIONS - Michèle Alliot-Marie veut plus de policiers, le PS…
Le gouvernement, silencieux depuis le dimanche, a commencé mardi à prendre le pouls des évènements. Le Premier ministre François Fillon, arrivé vers 11h15 à la mairie de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) après une deuxième nuit d'affrontements, s'est voulu ferme.:«Pendant que la justice travaille, rien ne justifie les violences qui ont eu cours hier soir. Elles sont inacceptables, elles sont intolérables (...) ceux qui tirent sur les policiers sont des criminels. Ils seront poursuivis comme tels», a-t-il déclaré au sortir de la mairie.
MAM sur place avec des «recommandations» de Sarkozy
La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, qui a reçu des «recommandations» de Nicolas Sarkozy, selon l'Elysée, l’acoompagne. Elle doit également se rendre à l'hôpital de Gonesse, dans ce département, au chevet des policiers blessés durant les affrontements, selon le ministère. Plus tôt, elle avait lancé un appel sur RTL: «Il faut que la population de ces communes nous aide à isoler ceux qui sont des délinquants».
Il y a eu dans la nuit «effectivement un peu plus d'une soixantaine de policiers qui ont été atteints, notamment par des petits plombs, puisqu'ils (les jeunes qui affrontent les forces de l'ordre, ndlr) tirent des cartouches de chasse», a ajouté Michèle Alliot-Marie, tirant un bilan de la deuxième nuit d’émeutes. Parmi les policiers blessés, «il y a des blessés sérieux, c'est-à-dire des gens qui ont notamment été atteints au visage, et près de l'œil».
Dati prône la fermeté
«C'est bien entendu un phénomène inquiétant, surtout cela montre que certains se servent des événements pour, en fait, des finalités qui sont tout autres.» «Il faut que des mesures soient prises pour empêcher ceux qui tirent sur les policiers de le faire. Dans les mesures, il y aura notamment une présence policière forte sur le terrain», a ajouté la ministre.
De son côté, la ministre de la Justice, Rachida Dati, a donné mardi des consignes de fermeté aux procureurs. «Suite aux événements survenus notamment à Villiers-le-Bel et dans le Val-d'Oise depuis dimanche soir», la garde des Sceaux «a demandé aux procureurs de la République de procéder aux déferrements des personnes placées en garde à vue dès lors que les faits sont caractérisés et leur sont imputables», a précisé le ministère dans un communiqué.
«Aucune leçon n'a été tirée de 2005»
Pour François Pupponi, maire socialiste de Sarcelles (Val d'Oise), où les affrontements de Villiers-le-Bel de dimanche et lundi ont fait tache d'huile, la situation dans les banlieues est «pire qu'il y a deux ans».
«Les causes de l'explosion sont toujours là mais elles sont aggravées, a-t-il déclaré à l'AFP. Aujourd'hui, un certain nombre de jeunes, extrêmement minoritaires, ont basculé dans la haine et la violence physique. Il y a deux ans, on s'attaquait aux biens. Là, on s'attaque aux personnes, on est monté d'un cran. C'est impressionnant et dramatique».
Un avis partagé par Arnaud Montebourg: «Soixante policiers en une nuit, dont cinq dans un état grave, attaqués semble-t-il avec des armes, cela veut dire finalement qu'aucune leçon n'a été tirée de 2005.»
Le député socialiste a mis en cause «une restriction, un désengagement des services publics, de l'Etat» dans les banlieues. Il a plaidé pour un rétablissement de la «police de proximité» pour restaurer «la confiance», faisant valoir, à titre d'exemple, qu'«il n'y a pas de commissariat à Villiers-le-Bel».
Renvoyer le gouvernement à «ses responsabilités»
«Toutes les violences, tous les affrontements doivent céder la place au calme» qui «seul permettra à la justice de faire toute la lumière sur la mort de ces deux jeunes», affirme dans un communiqué la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet.
Cela renverra le gouvernement à «ses responsabilités pour apporter, enfin, des réponses rapides aux attentes des populations de ces quartiers», a-t-elle ajouté. «La colère et l'incompréhension que ressentent la famille, les amis et les voisins de ces deux jeunes, ainsi que tous les jeunes qui sont touchés par cet accident, appellent la justice à établir toute la vérité, de façon rapide et transparente, sur ce dramatique accident», réclame-t-elle.
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Avec AFP