Un CD en guise de gerbe commémorative. L'album tiré du spectacle A nos morts, que joue depuis un an et demi la compagnie alsacienne Mémoires vives, est disponible depuis hier dans les bacs des disquaires. Composé de dix-sept chansons, il vise à rendre hommage par le biais du hip-hop aux soldats étrangers qui ont combattu pour défendre la France au cours des deux guerres mondiales. Il tend également à dénoncer et à combattre toute forme de racisme.
« Le travail de mémoire sur l'immigration est une nécessité dans le contexte un peu tendu des quartiers populaires, explique Yan Gilg, directeur artistique de la compagnie et Master of Ceremony du spectacle. Il est difficile de s'intégrer dans une société qui ne reconnaît pas le rôle de ses ancêtres. Or, aujourd'hui, on oublie encore trop souvent que la diversité culturelle est une force. Que sans les différents apports dont a bénéficié la France, nous ne serions pas là. »
Autre objectif de Mémoires vives : changer l'image du hip-hop. « On n'a pas mis en lumière le côté subversif de cette culture noble qui est capable de faire des choses intelligentes, déplore Yan Gilg. Pourtant de par son histoire, elle a pour but de transmettre un savoir et une contestation. »