La pilule a tout changé. Enfin presque. Quarante ans après la loi libéralisant la contraception, la fécondité est nettement mieux contrôlée en France puisque huit naissances sur dix sont planifiées, selon une étude publiée aujourd'hui par l'Institut national d'études démographiques (Ined). En revanche, si l'on se penche sur les grossesses qui ne vont pas toutes à terme, l'enquête montre qu'une sur trois est encore « imprévue ». Pour quelle raison ? « Aucune méthode contraceptive n'est totalement fiable », remarque l'Ined, qui évalue le taux d'échec de la pilule ou du stérilet entre « 5 et 6 % ».
Selon l'étude, le taux d'utilisation de la pilule chez les femmes de 20 à 44 ans n'a cessé d'augmenter, passant de 5 % en 1970 à 37 % en 1978, pour atteindre 60 % aujourd'hui. Cette libéralisation de la contraception a permis une meilleure « maîtrise de la fécondité », note l'Ined. A la fin des années 1960, 15 % des grossesses ayant donné lieu à une naissance étaient ainsi « mal planifiées », c'est-à-dire souhaitées par les parents mais pour « plus tard », 15 % survenaient alors que la femme « n'y pensait pas » et 11 % étaient « non désirées ». Trente ans plus tard, dans les années 1990, « ces proportions n'étaient plus respectivement que de 7 %, 9 % et 2 % ».
Le développement de la contraception a également permis aux futurs parents de « programmer » la naissance de leur enfant. Ils peuvent notamment se fixer des conditions, en particulier d'ordre matériel : « 90 % des femmes et 84 % des hommes considèrent qu'il est "très important" que l'un des deux au moins ait un travail stable », avant d'avoir leur enfant. « Les couples ont aussi plus d'exigences quant au moment précis où doit survenir la naissance », remarque l'Ined. Les enfants très rapprochés sont ainsi devenus particulièrement rares.