Régimes spéciaux: «une grève qui coûte 300 à 400 millions d'euros par jour»
Créé le 19.11.07 à 12h21
Mis à jour le 19.11.07 à 18h25
|
RETRAITES - C'est ce qu'affirme la ministre de l'Economie Christine Lagarde...
Au bout de six jours,
la grève commence à coûter cher. A commencer, bien sûr, par les entreprises concernées. Le mouvement social contre la réforme des régimes spéciaux
«a déjà coûté à la SNCF plus de 100 millions d'euros», selon sa présidente Anne-Marie Idrac. Soit la somme qu’elle pensait «mettre sur la table des négociations». «D'un point de vue industriel, le fret vit une situation dramatique, souligne-t-elle. Les risques de chômage technique d'entreprises faisant appel à nos services sont réels, comme les menaces de rupture d'approvisionnement en hydrocarbures».
«Un grave danger» selon le Medef
A la RATP, l’addition s’élève à
«24 millions d'euros», d’après son président Pierre Mongin. «C'est plus de 100 bus neufs qu'on aurait pu acheter avec cet argent, c'est plus que l'intéressement que les salariés ont reçu l'année dernière», a-t-il déploré, appelant à «conclure ce conflit» le plus vite possible.
La grève commencerait aussi à peser sur les comptes d’autres entreprises. Le Medef a ainsi demandé dimanche la reprise du travail «dès ce lundi», estimant que le mouvement faisait courir aux entreprises «un grave danger». Selon l’organisation patronale, «beaucoup d'entre elles sont menacées dans leur rentabilité, dans leurs relations-clients, et donc dans leur pérennité».
La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) a de son côté affirmé vendredi que «les mouvements sociaux actuels» nuisent gravement à l’économie française».
Des secteurs plus touchés que d’autres
Selon
«Les Echos», la grogne commence en effet à monter dans les entreprises du privé. Et le quotidien de lister les secteurs les plus touchés par la grève: l’industrie est en première ligne avec des surcoûts liés à l’utilisation de transports alternatifs et des retards de livraison. Selon Oliver Marembaud, le directeur général délégué du fret à la SNCF, près de quinze sites industriels en France sont lundi au bord de la rupture d'approvisionnement en raison de la grève.
Viennent ensuite la distribution (retards de livraison également), commerce et grands magasins (baisse de fréquentation), salles de spectacle (idem). D’autres professions tirent mieux leur épingle du jeu comme l’hôtellerie, la restauration, les taxis ou les loueurs de voitures et de parkings.
Plus de 300 millions d'euros par jour
Du coup, la ministre de l'Economie n'hésite pas à a évalué le coût de la grève des transports à un montant de «300 à 400 millions d'euros par jour», a-t-elle dit lundi.
Tout en jugeant ce coût «difficile à chiffrer», elle a expliqué, en marge de la signature d'une convention avec la Poste et l'Association des Maires de France (AMF), que le calcul de ses services était une extrapolation d'une étude réalisée sur l'impact financier de la grève en Ile-de-France.
C. F. avec AFP
Vos réactions