Pour gagner Marignane, l’UMP se range derrière Simonpieri
Créé le 15.11.07 à 21h29
Mis à jour le 16.11.07 à 13h18
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MUNICIPALES – Dans la ville, la candidature de l’ancien membre de FN, maire sortant, est loin de laisser indifférent...
Une investiture pour les municipales qui ne laisse pas indifférent. L'UMP a annoncé mardi soir que le maire de
Marignane, Daniel Simonpieri, portera ses couleurs en mars dans cette ville des Bouches-du-Rhône. Problème: s'il siège depuis 2004 au conseil général au côté de la droite parlementaire, il a été élu maire en 1995 sous l'étiquette FN et réélu en 2001 sous l'étiquette divers droite avec le soutien du MNR de Bruno Mégret qu'il venait tout juste de quitter.
«C'est de l'histoire ancienne», fait-il valoir à 20minutes.fr. «Les idées de l'extrême droite ne sont plus les miennes, j'ai évolué lentement vers l'UMP.» «Maire depuis treize ans, j'ai pu comparer la différence entre un parti d'opposition comme le FN et un parti de gouvernement. Le second permet de faire évoluer les choses, je suis un pragmatique», se défend-il.
«Il a évolué»
Pragmatique? Vincent Gomez, candidat du PS, sourit: «C'est vrai qu'on peut se tromper dans la vie. Mais changer de parti à chaque élection, ça m'interpelle.» Mais selon lui, il est vrai que depuis 1995, «Simonpieri a évolué.»
Ce n'est pas l'avis de Christiane Azam, présidente de la section locale du Mrap, pour qui le maire «ne changera jamais». La preuve? En septembre 2006, il avait applaudi un conseiller municipal qui, feignant de s'adresser au président algérien Abdelaziz Bouteflika, lui demandait de «reprendre chez lui les millions d'Algériens» qui vivent en France car cela «viderait les prisons». Une plainte pour racisme a d'ailleurs été déposée contre les deux hommes. Un appel est en cours sur cette affaire.
Un secrétaire de section UMP «trahi»
Pourquoi l'UMP a-t-elle décidé d'investir un personnage qui reste donc sulfureux? «Les Marignanais se demandent quel a été le deal passé entre Simonpieri et Jean-Claude Gaudin», président du comité départemental de l'UMP, raconte Vincent Gomez. D'autant plus que le secrétaire de section de l'UMP, Eric Le Dissès, était plus que volontaire pour se présenter. Il ne s'en cache d'ailleurs pas. Se sentant «trahi», il présentera une candidature dissidente.
Mais voilà, de l'aveu même de Jean-Luc Ivaldi, directeur adjoint du cabinet de Jean-Claude Gaudin, «il n'y a pas photo sur le fait que Simonpieri, maire sortant, est le mieux placé pour l'emporter aux élections». Un argument massue que certains militants de l'UMP ont du mal à digérer. «C'est vrai qu'il y a des déçus», reconnaît sans détour Daniel Simonpieri. «Mais ma porte est ouverte à Eric Le Dissès, il peut me rejoindre.» Il veut d'ailleurs sur sa liste des gens «de droite, pas forcément encartés». Mais pas des «membres du FN ou du MNR», promet celui qui reconnaît que certains membres de sa majorité actuelle «avaient leur carte au MNR il y a encore trois ou quatre ans».
«Rangés derrière lui»
Si Renaud Muselier, secrétaire départemental de l'UMP, n'a pas répondu à nos sollicitations, le responsable des jeunes UMP 13, Jean-Michel Muracciole, dit «faire confiance» à ce nouveau candidat. «C'est vrai que les nouveaux, fraîchement arrivés dans la région, ont été surpris du choix et se sont posé beaucoup de questions. Mais une réunion a permis de clarifier la situation.» Et s'il dit «rester vigilant au respect des valeurs républicaines» à Marignane, il s'enthousiasme: «Aujourd'hui, nous sommes tous rangés derrière lui.» Vers un troisième mandat?
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