Colonna trop petit pour avoir tué le préfet Erignac?

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Publié le 6 février 2009.

PROCES - Premier coup de théâtre devant la cour d'assises spéciale, jeudi...

Yvan Colonna trop petit pour avoir été le meurtrier de Claude Erignac? Au quatrième jour d'audience, la cour d'assises spéciale de Paris a connu jeudi son premier coup de théâtre grâce au docteur Paul Marcaggi, qui a examiné le corps du préfet dans les heures qui ont suivi l'assassinat à Ajaccio, le 6 février 1998.

Le médecin légiste a laissé entendre jeudi que l'homme qui a tiré trois balles dans la nuque du préfet de Corse était «probablement de grande stature».

Selon lui, l'assassin devait être «au moins aussi grand» que la victime, soit 1,83 mètre, alors que le berger corse accusé du meurtre mesure 1,72 mètre.

Le médecin se fonde sur le fait que la première balle dans la nuque qui a atteint le préfet montre «un angle de tir assez faible», quasi horizontal.

Hors, le tireur se trouvait derrière sa victime qui montait la rue du colonel Colonna d'Ornano, une artère en pente dont les trottoirs sont constitués de larges marches.

Le préfet était donc déjà légèrement plus en hauteur que son meurtrier qui, pour avoir pu tirer une balle à la trajectoire quasi-horizontale était «plutôt un grand gabarit qu'un petit».

Nouvelle reconstitution?

Pour autant, il se refuse à être «formel», notamment parce qu'il n'a pas participé à la reconstitution des faits, ce qui a amené la défense d'Yvan Colonna à rappeler que, depuis l'arrestation de son client en 2003, elle avait demandé une nouvelle reconstitution.

Les avocats d'Yvan Colonna pourraient la redemander et, si le président Dominique Coujard acceptait, la cour devrait se déplacer à Ajaccio.

Les «inquiétudes» de la police

Auparavant, le capitaine Hélène Graziani, du SRPJ d'Ajaccio, avait expliqué que, dans les jours précédant l'assassinat, la police avait fait part de ses «inquiétudes» quant à sa sécurité au préfet, lui demandant de «prendre des précautions».

Mais «il voulait montrer qu'on pouvait vivre en Corse comme tout le monde», explique-t-elle.

Si la police était «inquiète», c'est qu'elle piétinait depuis des mois pour tenter de démasquer les auteurs de trois attentats, sans victime, revendiqués par un groupe «d'anonymes» jusque-là inconnu.

Le 4 septembre 1997, à Strasbourg, la façade de l'Ecole nationale d'administration vole en éclats. Deux jours, plus tard, c'est la caserne de gendarmerie de Pietrosella, en Corse-du-Sud, qui est soufflée et le 11 novembre, trois attentats à l'explosif, dont deux ratés, visent des bâtiments de Vichy (Allier).

Confusion supplémentaire, un mystérieux groupe Sampieru s'attribue aussi les attentats de Strasbourg et Pietrosella, puis dans un tract du 21 janvier 1998, moins de trois semaines avant l'assassinat du préfet, condamne d'avance les attaques à venir contre «certains représentants éminents de l'Etat colonial».

Derrière Sampieru, la police croit voir Marcel Lorenzoni, syndicaliste agricole et militant séparatiste, aujourd'hui décédé.

C'est ce qui lancera les enquêteurs sur la «piste agricole»: 340 interpellations et 42 mises en examen plus tard, «l'enquête est toujours en cours», reconnaît le commissaire Philippe Frizon, de la lutte anti-terroriste.
AFP
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