SOCIAL – Le ministre du Travail appelle lui à la reprise...
A la SNCF et la RATP, la base semble rechigner à se satisfaire de l'annonce de négociations entre syndicats, directions et gouvernement. La grève, qui a entraîné de
fortes perturbations jeudi malgré moins de grévistes, se poursuivra ainsi vendredi avec une ampleur encore inconnue.
Et elle risque bien de se poursuivre samedi. Jeudi soir, sept fédérations syndicales de cheminots (CGT, Sud-Rail, CFDT, CFTC, FO, Unsa, CFE-CGC) demandent aux assemblées générales de cheminots qui se tiendront vendredi de «reconduire le mouvement de grève pour 24 heures» soit jusqu'à samedi, a annoncé jeudi la CGT-Cheminots.
Un mouvement en direction de la base
Histoire de maintenir la pression sur le gouvernement alors que le climat entre l'Etat et les fédérations syndicales semblait se réchauffer. Et aussi de donner le change à leur base syndicale, qui menaçait de voter contre leurs décisions. Car parallèlement, six fédérations syndicales de cheminots (CGT, CFDT, CFTC, FO, Unsa, CFE-CGC) demandent au ministre du Travail la tenue «dès vendredi» d'une réunion tripartite «pour fixer le cadre» des négociations, a annoncé jeudi le secrétaire général de la CGT-cheminots.
De son côté, le ministère du Travail a annoncé jeudi que les négociations entreprise par entreprise, en présence d'un représentant de l'Etat, sur la réforme des régimes spéciaux de retraite ne «pourront s'engager que lorsque les organisations syndicales auront mis fin à la grève».
Xavier Bertrand a été reçu à l’Elysée dans l’après-midi avec François Fillon et Michèle Alliot-Marie pour faire un nouveau point sur la situation. L'occasion pour le ministre du Travail de redemander aux syndicats «d'appeler à la reprise du travail» pour pouvoir entamer les négociations.
«Un serpent qui se mord la queue»
Pour FO-RATP, «on fonctionne 24 heures par 24 heures en AG et comme on n'a toujours pas eu d'avancées, il risque de ne pas y avoir d'évolution», selon Didier Larrigaldie, secrétaire général du syndicat. «Entre gouvernement et syndicats, c'est comme un serpent qui se mord la queue», a-t-il estimé, les syndicats demandant des négociations avant de cesser la grève et le gouvernement exigeant l'arrêt du mouvement pour négocier.
Côté entreprises, la
SNCF est «prête à toute heure du jour et de la nuit à accélérer les négociations», a déclaré jeudi le directeur général exécutif de la SNCF
Guillaume Pépy. «Une réunion s'est tenue mercredi avec les syndicats “réformistes” CFDT, CFTC et CFE-CGC» a-t-il souligné, précisant «ne pas avoir pour le moment de demande de la part de la CGT, de FO, de SUD-RAIL et de l'UNSA de nous rencontrer».
La direction de la RATP invite les syndicats autour de la table
A la
RATP, les assemblées générales d'agents décideront vendredi de la poursuite de la grève samedi. Le président de la régie,
Pierre Mongin, «invite» les quatre syndicats (CGT, FO, Sud-RATP et Unsa) qui sont toujours dans le mouvement «à appeler à reprendre le travail et à rejoindre (les quatre syndicats non-grévistes) autour de la table, puisque les conditions du dialogue peuvent être immédiatement réunies». «Je reste totalement disponible pour engager au plus vite ces négociations dans le cadre proposé par Xavier Bertrand, le ministre du Travail.» La direction de la RATP a indiqué jeudi après-midi «travailler à la préparation de cette réunion».
Les responsables syndicaux se sont dits toutefois «pessimistes» sur l'arrêt du mouvement. «Les décisions de reconduire se prennent en AG, au vu des éléments qui évoluent positivement ou non», a indiqué Eric Nabet, secrétaire général du syndicat CGT métro RER. 33 AG se tiendront vendredi pour les agents des métros et RER. L'Unsa, deuxième syndicat à la RATP, «n'a pas donné de mot d'ordre» pour ces AG qui sont souveraines et est «en attente d'éléments» de la direction et du gouvernement. «On se demande s'ils ne cherchent pas le pourrissement», selon Didier Le Pahun, son secrétaire général.
Avec AFP