Yvan Colonna: «Les éléments à décharge ont été écartés»

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Publié le 6 février 2009.

CORSE - Deuxième journée du procès de l'accusé du meurtre du préfet Erignac...

2e journée du procès Yvan Colonna à la cour d'assises spéciale de Paris • Pendant deux heures, lors de l'audience consacrée à l'examen de sa personnalité, Yvan Colonna a parlé de sa vie et du dossier. A deux pas de la veuve du préfet Erignac, le militant nationaliste a dénoncé mardi une enquête où «les éléments à décharge» ont été «écartés».

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«Les témoignages en ma faveur ont été tronqués ou sortis de leur contexte», a ajouté le berger corse. Colonna a mis en cause le travail des juges d'instruction: «Leur but, c'était de noircir le personnage». «La radicalité, elle n'existe pas!», a insisté l'accusé.

«Mon potentiel, je l’ai mis au service des chèvres»
Retraçant son parcours, Yvan Colonna a raconté le départ de sa famille vers Nice, lorsqu'il avait 16 ans — «un arrachement, un déchirement», comment il a interrompu ses études d’éducateur sportif, rencontré un vieux berger de Corse-du-sud et découvert sa vocation : «Mon potentiel, je l'ai mis au service des chèvres».

L'engagement nationaliste est venu naturellement dans les années 70 au sein d’un des premiers partis nationalistes. Puis, dans les 1989-90, il cesse tout militantisme nationaliste, affirme-t-il. «J'ai eu un tournant de ma vie professionnelle et affective..., avec un investissement de tous les instants dans mon exploitation agricole et avec la naissance de mon fils», a-t-il expliqué.

L’ironie de Colonna
Le berger de Cargèse a bousculé ses contradicteurs et réitéré son innocence. Selon l’accusation, Colonna aurait voulu avec ses amis «refonder» la cause nationaliste — alors en pleine guerre interne — par un acte fort : l'assassinat du préfet. «Pour le reste, je regrette la mort d'hommes mais étant donné que je n'étais pas partie prenante, je ne vois pas ce que je peux vous en dire», a-t-il déclaré.

A l’avocat général, qui lui lance une question floue sur son engagement politique, il répond avec ironie : «Je ne vois pas où vous voulez en venir, monsieur l'avocat général, qu'est-ce que vous voulez savoir ? Vous pouvez m'aider, monsieur le président ? Si vous voulez que je dise que je suis patriote corse, oui, je suis patriote».

A l'avocat du frère du préfet, qui l'interrogeait sur l'origine d'une dénonciation anonyme de 1994 qui le désignait déjà comme l'auteur d'un crime, il reprend sur le même ton : «Mais vous vous rendez compte de l'absurdité de votre question ?».

Le procès devait se poursuivre avec l'audition de sa famille.
20minutes.fr, avec AFP
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