Un an et demi après avoir accueilli avec réussite la Coupe du monde, l'Allemagne ne connaît pas le même succès avec ses clubs. De l'autre côté du Rhin, le championnat national passionne pourtant les foules. Le week-end dernier encore, cinq matchs ont attiré plus de 30 000 spectateurs à Stuttgart, Brême, Schalke, Dortmund et Berlin. Pour ses téléspectateurs, la Bundesliga se félicite également d'avoir une moyenne de buts par match (2,74) dépassant tous les autres grands championnats européens. Mais les comparaisons flatteuses s'arrêtent là.
En Ligue des champions, Schalke et Brême sont en mauvaise posture, tandis que Stuttgart est déjà éliminé. « Il n'y a pas de quoi se réjouir. Ce n'est pas aider nos jeunes talents à progresser que d'être absent des phases finales des grandes compétitions », sermonne le sélectionneur national Joachim Löw. Même le grand Bayern se retrouve empêtré dans une Coupe UEFA où il peine à survoler sa poule. « Ces résultats européens sont alarmants. Il faut arrêter de tout ramener à l'argent », estime Lothar Matthäus, l'une des légendes du football allemand.
Car du côté des dirigeants, le discours a tourné, comme en France, à la complainte financière. « Quand je vois qu'un champion d'Angleterre touche 40 millions d'euros de recette télé, et que nous n'avons touché que 26 millions d'euros, il y a une marge qui se paie à un moment sur le terrain », regrette le manager général de Stuttgart, Horst Heldt.