Pas moins de huit expertises contradictoires ont été produites en huit ans pour tenter d'établir les responsabilités dans le drame survenu le 17 juin 1999 à Wasselonne. Ce jour-là, trois enfants sont fauchés sur le chemin de l'école par une Volvo 850 TDI. Deux d'entre eux, âgés de 9 et 10 ans, sont tués. La troisième victime est grièvement blessée. La conductrice de la voiture, Catherine Kohtz, soutient avoir freiné en vain : « C'est une route en descente, où il faut toujours freiner. Tout d'un coup, la pédale était dure. » Elle doit répondre devant la justice d'« homicides et blessures involontaires ». Volvo Cars Corporation, sa filiale française, ainsi que le garagiste de Souffelweyersheim qui a vendu le véhicule et en a assuré l'entretien, répondent du même chef d'accusation.
Volvo conteste la version de l'automobiliste en assurant que le système de freinage fonctionnait parfaitement. L'avocat du constructeur automobile prévoit de solliciter au cours du procès un transport du tribunal sur les lieux du drame et de projeter des reconstitutions de l'accident. Il pourrait également présenter une maquette du système de freinage en cause et affirme pouvoir fournir la preuve que le véhicule roulait autour de 60 km/h lors de l'accident. La conductrice exclut quant à elle avoir pu dépasser la limite des 50 km/h autorisés. Sa défense devrait présenter à la barre deux témoins qui auraient connu eux aussi un problème de freinage sur leur Volvo 850 TDI, sans que l'issue en soit heureusement aussi dramatique qu'à Wasselonne.