L'énigme Colonna devant les assises

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Publié le 6 février 2009.

JUSTICE - Le procès du meurtrier présumé du du préfet Erignac, qui a toujours clamé son innocence, s'ouvre à Paris...

Un mois d'audience pour trancher. A partir d'aujourd'hui, Yvan Colonna est jugé par la cour d'assises spéciale de Paris pour l'assassinat du préfet Claude Erignac à Ajaccio en février 1998, et pour l'attaque cinq mois plus tôt de la gendarmerie de Pietrosella, où avait été dérobée l'arme du crime.

Arrêté en juillet 2003 après quatre ans de cavale à travers la Corse, le berger de Cargèse a toujours clamé son innocence, s'appuyant sur l'absence de preuves matérielles. Pas d'ADN, pas d'empreintes digitales, pas de témoin direct, pas d'écoutes téléphoniques... Seule véritable charge contre lui : les aveux de deux des six membres du commando Erignac et de leurs compagnes, arrêtés en mai 1999 et l'accusant d'être le tireur. Deux ans plus tard, ces deux hommes, Pierre Alessandri et Didier Maranelli, se sont rétractés, et Alessandri s'est même accusé d'être le tueur. Selon les avocats de Colonna, les enquêteurs auraient extorqué leurs aveux pendant leur garde à vue en 1999.

Le procès s'ouvre alors que la solidarité monte en Corse pour l'enfant du pays. En témoigne la mise en examen de la chanteuse Patrizia Gattaceca ce week-end, pour avoir hébergé Colonna pendant sa cavale. L'artiste dit avoir « obéi à une règle d'or en Corse, celle de l'hospitalité », ajoutant qu'elle a « la conviction intime qu'il est innocent ». Un avis que ne partagent ni la famille du préfet Erignac, qui sera présente à l'audience, ni les plus hautes autorités de l'Etat. A l'arrivée, ce procès hors norme risque de ne pas laisser d'autre alternative aux magistrats que la perpétuité ou l'acquittement.

Bastien Bonnefous
6 février 1998 Le préfet Erignac est assassiné à Ajaccio.
21 mai 1999 Six membres du commando Erignac sont arrêtés. Deux accusent Yvan Colonna d’être le tireur.
4 juillet 2003 Colonna est arrêté dans une bergerie corse.
11 juillet 2003 Le commando Erignac est jugé à Paris.
Les peines vont de quinze ans de prison à la perpétuité.
avocats de Colonna, les enquêteurs
auraient extorqué leurs aveux pen-
dant leur garde à vue en 1999.
Le procès s’ouvre alors que la soli-
hébergé Colonna pendant sa cavale.
L’artiste dit avoir « obéi à une règle
d’or en Corse, celle de l’hospitalité »,
ajoutant qu’elle a « la conviction in-
tés de l’Etat. A l’arrivée, ce procès
hors norme risque de ne pas laisser
d’autre alternative aux magistrats
que la perpétuité ou l’acquittement.
22 février 2006 Deux condamnés font appel. Ils sont acquittés. Les méthodes des policiers font polé́mique.
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