Coordination étudiante: rendez-vous sur les rails

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Publié le 11 novembre 2007.

UNIVERSITES – Trente-huit universités présentes et plus de cent étudiants mandatés ont décidé de la suite du mouvement étudiant, ce week-end à Rennes. A l'issue de plus de 24 heures de discussion, place au blocage des gares et stop aux votes à bulletin secret... Reportage.

Il aura fallu deux jours pleins, des heures de discussion dans un amphithéâtre de Rennes-II, pour que naisse «L'appel de Rennes», lancé par la coordination nationale. Trente-huit universités représentées, plus de cent personnes mandatées... Un calcul qui semble aller au-delà des espérances des organisateurs.

Faire tourner la petite affaire de la coordination


Début des discussions samedi à 14 heures, jusqu'à 16h30 dimanche. On commence par les modalités de fonctionnement de la coordination. Ce qui ne fut pas une mince affaire... Rapidement le principe de «Une université égale une voix» tombe à l’eau. «On a décidé que le mode de vote serait fixé à cinq voix par université bloquée et trois pour les autres.» La place des journalistes également a été sujette à débat. Quelques minutes d'échanges à l'issue de la coordination, peu de prises de vues, dans une ambiance parfois tendue.

«Nous souhaitons l'abrogation sans condition de cette loi»

Deuxième point à l'ordre du jour: la mobilisation à travers la France. Résultat des comptes, plus de cinquante assemblées générales tenues la semaine dernière et une trentaine de facultés bloquées. «A ceux qui disent que le mouvement est minoritaire, je leur dis de regarder un peu les milliers d'étudiants que rassemblent ces AG», explique Karim, mandaté par Paris-I.

Après l'état des lieux, vient la question des revendications. «Elles sont les mêmes partout: nous souhaitons l'abrogation sans condition de cette loi.»

A cela viennent s'ajouter d'autres revendications, plus éloignées de la LRU, contre la loi Hortefeux et pour la légalisation des sans-papiers. Un rejet également de la réforme des services publics. «En tant que futurs salariés, nous sommes également concernés par cela. De toute façon, tout est lié et entre dans une politique de démantèlement des services publics mise en place il y a trente ans», explique Karim.

Entrer dans une logique de mouvements sociaux

Répertoriées dans «L'appel de Rennes», les propositions restent plutôt classiques. Un appel, évidemment, au maintien des grèves et des blocus d'un maximum d'universités, «mais aussi le refus des votes à bulletin secret, considérés comme nuisibles au mouvement».

Un appel également à la solidarité avec les cheminots. Les étudiants devraient se joindre à la journée de grève du 14 novembre. Mais surtout, et c'est là le point fort de cet appel, le blocage de toutes les gares, le mardi 13. Appel de soutien, enfin, à la fonction publique, au cours des manifestations nationales prévues le 20 novembre.


La coordination terminée, les mandatés ont pu repartir vers leurs facs. A eux maintenant de faire respecter, à un échelon local, les décisions prises ce week-end. Une simple formalité, peut-être, auprès des pro-blocus, mais une affaire plus délicate face à des antis à qui on avait parfois promis la tenue d'un vote à bulletin secret.
A Rennes, Sabrina Khenfer (avec la rédaction de Rennes Infhonet)
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