Blocage des facs: elle est pour, il est contre

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Publié le 9 novembre 2007.

UNIVERSITES – Charlotte veut «agir de manière forte» et Morgan parle d’acte «non légitime»...

Depuis une semaine, la mobilisation des étudiants contre la loi sur l’autonomie des universités ne cesse de se durcir. Les assemblées générales se multiplient, les blocages aussi… Ce vendredi soir, 13 sites étaient bloqués. Et pourtant, les étudiants ne sont pas tous d’accord. A Nanterre, le blocus a été voté jeudi et mis en place dès vendredi matin. Morgan, étudiant en information-communication, parle d’un acte «non légitime et non démocratique». A quelques centaines de kilomètres de là, Charlotte, elle, prépare ses banderoles. Pour cette étudiante en lettres modernes à l’université de Nantes, le blocus est «le seul moyen de faire bouger les choses».
 
Les deux faces
 
«Le blocage à Nanterre, c’est vraiment l’œuvre d’une minorité», explique Morgan. «L’assemblée générale d’hier n’a rassemblé que 1.000 étudiants sur une université qui en compte 31.000. Au final, 3% d’élèves ont voté pour un blocage qui nous touche tous. Nous n’avons rien demandé», insiste le jeune homme. «En quoi c’est démocratique et légitime ?» L’assemblée générale a duré plus de deux heures. Plusieurs étudiants, qui ont appelé à refuser le blocage, ont récolté des bordées de sifflets et de huées mais aussi quelques applaudissements. «Ceux qui font marcher le mouvement ne sont qu’une minorité d’extrême gauche».  
 
A Nantes, plusieurs centaines d'étudiants ont voté jeudi la reconduction du blocus entamé mercredi de l'UFR de Lettres et Sciences humaines de Nantes. Charlotte était au cœur de l’assemblée générale. Une heure après le début, de nombreux étudiants sont sortis de l’amphithéâtre après le déclenchement de l’alarme incendie.  «Bien sûr, ce n’est pas les meilleures conditions pour entamer un vote, mais des étudiants se sont prononcés et il faut qu’on agisse de manière forte. Nous sommes de plus en plus mobilisés, notre but, c'est d'aller crescendo.»
 
«Tout et n’importe quoi»
 
«J’ai vraiment du mal à saisir ce qu’ils veulent, avoue Morgan. Ils ont rédigé un programme de revendications qui regroupe la loi Pécresse, la loi Hortefeux, le soutien aux sans-papiers, la lutte contre les répressions policières. C’est vraiment tout et n’importe quoi, une opposition systématique au gouvernement».
 
Charlotte, elle, pense que «c’est le moment de mettre sur la table, tout ce qui ne va pas». «Maintenant, il faut absolument pousser vers une convergence des mouvements contre les politiques anti-sociales du gouvernement.»
Morgiane Achache
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