«C’est un ras-le-bol général»

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Publié le 6 novembre 2007.

INTERVIEW – Aude Lemoussu, présidente de l'Unef de l'université de Rennes-II...

Après les universités de Tolbiac et de Toulouse-Le Mirail, c’est celle de Rennes-II qui vient de voter le blocage. Quelques questions à Aude Lemoussu, présidente du syndicat étudiant Unef de Rennes-II… 

La loi Pécresse, contre laquelle vous manifestez, a été votée le 26 juillet dernier, pourquoi entamer des blocages maintenant?

Cette loi est passée cet été en pleine nuit. Elle est cruciale et pourtant elle a été élaborée en moins de deux mois. Depuis, les syndicats étudiants ont entamé des négociations avec l’Etat. Les réunions se sont multipliées pour finalement n’aboutir à rien. Si les négociations n’aboutissent pas, il faut passer à une autre forme de mobilisation. Elle est montée d’un cran la semaine dernière. Et il ne faut pas oublier que les cours ont commencé en octobre, il était plus difficile de se rassembler.

Quelles sont concrètement vos revendications?

Nous nous mobilisons contre la loi sur l’autonomie des universités, mais également contre les conditions de précarité dans lesquelles vivent, aujourd’hui, les étudiants. Le constat est dramatique. Ils sont de plus en plus obligés d’avoir un boulot pour payer leurs études. Les bourses manquent. Le logement est trop cher. C’est un ras-le-bol général. Nous ne sommes apparemment pas une priorité pour le gouvernement.

Pourtant Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur, affirme qu’avec cette loi, l’Etat va investir 5 milliards d’euro en cinq ans dans les universités….

Oui, l’Etat décide de mettre de l’argent dans les universités, mais il est mal réparti et ne répond pas du tout aux besoins. On peut mettre autant d’argent que l’on veut, s’il est mal utilisé, cela ne sert à rien. Par exemple, les bourses au mérite ne suffiront pas pour aider les étudiants. Oui, sur le papier, le projet de budget est en hausse, mais ce qui est dangereux, c’est de rendre les universités autonomes sans leur donner de moyens supplémentaires.

Quels sont vos projets pour la suite du mouvement?

Pour l’instant, l’essentiel est d’informer et de mobiliser les étudiants. Beaucoup ne savent pas ce qui se passe, ce qui les attend. A Rennes-II, le blocage a été voté jusqu’à mercredi midi. Aujourd’hui, il y avait 900 étudiants en assemblée générale. Nous allons en faire une nouvelle pour prolonger ou non le mouvement. Sur le plan national, de plus en plus d’universités sont aujourd’hui bloquées. Espérons que cela fera bouger les choses.
Propos recueillis par Morgiane Achache
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